‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 94 sur 328 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

AGAMEMNON, IPHI6ÉNIE, ÉRIPHILE, DORIS.

IPHIGÉNIE

Seigneur, où couress-vous? et quels empressements ■• Vous dérobent si tôt à nos embrassements?.

■ Va m. Qne je tom plaîa» , oiadame ! et que pour irbtre Tie. . .

* Le char qni amène ClytemnesU'e et la fille arrÎTe, dans Euripide, devant la tente d'Agamemiion, an milien des femmes qni oompoeent le cbceor. Q««nd aoos entendons Glytemneatre dire à sca fenmes de descendre les premières pour lui donner la main , <puad die recommande qa*on se tienne devant les chevaux pour qn'ils oe suffiraient pas, et quand elle réveille le petit Orefte qni dort, noot trouvons des moemu simples ; mais cette simplicité devient ici une grande beauté. Plut cette mère paroît empressée de descendre, plut elle paroit cootente, plus elle attendrit. EUe a

172 IPHIGÉNIE

A qui dois-je imputer cette fuite soudaine?

Mon respect a (ait place aux transports de la reine;

Un moment à mon tour ne vous puis-je arrêter?

Et ma joie à vos yeux n'ose-t-elle éclater?

Ne puis-je.,.

AGAMEMNON

Hé bien , ma fille , embrassez votre père ; Il vous aime toujours.

IPHIGÉNIE

* Que cette ambur m'est chère !

Quel plaisir de vous voir et de vous contempler Dans ce nouvel éclat dont je vous vois briller > !

pris pour un augure favorable les premières paroles que lui ont dites les femmes du chœur; elle ne doute point qu* elle ne Tienne célébrer un heureux hymen; elle dit au petit Oreste : « Tu dors , «mon fils, le mouvement du char t*a assoupi; réveille-toi pour « être témoin du mariage de ta sœur, qui va se faire sous de si « heureux auspices. Tu es déjà illustre par ta naissance, tu vas • Fétre encore par Talliance avec le fils d'une déesse. • Elle dit à Iphfgénie: « Approchez-vous de moi, afin que ces femmes étran- « gères voient combien je suis heureuse d*être mère d*une telle a fille. • Alors Iphigénie lui demande la permission de se jeter dans les bras de son père :

m Pectat patemo pectori adprimani meum. • Cette arrivée triomphante n'a pu être imitée sur notre théâtre , où l'action ne se passe pas en public. Agamemnon , qui a reçu dans son appartement Glytemnestre , en sort brusquement , parceqa'il ne peut soutenir la vue de sa fille ; eUe le suit , et , étonnée de sa froideur, lui en demande la raison : plus elle lui témoigne de ten* dresse , plus elle augmente son trouble. Quel spectateur peut retenir ses larmes pendant cette scène si touchante? (L. R.)

■ Cette scène est entièrement imitée d'Euripide. ( Voy. act. Ilf , se. III.) Les petites négligences que l'on remarque dans les vers

Page 1