‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 123 sur 151 · CÉLIBAT, CÉLIBAT, TOUT N’EST QUE CÉLIBAT · texte numérisé non relu

CÉLIBAT, CÉLIBAT, TOUT N’EST QUE CÉLIBAT

Sucer la chair d’un cœur élu, Adorer de souffrants organes, Etre deux avant qu’on se fane !

Ne serai-je qu’un monomane Dissolu

Par ses travaux de décadent et de reclus ?

Partout, à toute heure, le thème De leurs toilettes, de leurs airs,

Des soirs de plage aux bals d’hiver,

Est : « Prenez ! ceci est ma chair ! »

Et nous-mêmes,

Nous leurs crions de tous nos airs : « A moi ! je t’aime ! »

POESIES

Et l’on se salue, et l’on feint

Et l’on s’instruit dans des écoles,

Et l’on s’évade et l’on racole De vénales et tristes folles ;

Et l’on geint

En vers, en prose. Au lieu de se tendre la main î

Se serrer la main sans affaires !

Selon les cœurs, selon les corps !

Trop tard. Des faibles et des forts Dans la curée des durs louis d’or...

Pauvre Terre !

Histoire Humaine : — histoire d'un célibataire...

DIMANCHES

Je ne tiens que des mois, des journées et des heures... Dès que je dis oui ! tout feint l’en-exil...

Je cause de fidèles demeures,

On me trouve bien subtil ;

Oui ou non, est-il

D'autres buts que les mois, les journées et les heures?

L’âme du Vent gargouille au fond des cheminées... L’âme du Vent se plaint à sa façon ;

Vienne Avril de la prochaine année,

Il aura d’autres chansons !...

Est-ce une leçon,

O Vent qui gargouillez au fond des cheminées ?

POESIES

Il dit que la Terre est une simple légende Contée au possible par l’Idéal...

— Eh bien, est-ce un sort, je vous T demande ? — Oui, un sort ! car c’est fatal.

— Ah 1 ah ! pas trop mal,

Le jeu de mot! — Mais folle, oh! folle, la Légende...

DES FLEURS DE BONNE VOLONTE

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