‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 144 sur 151 · EVE, SANS TRÊVE · texte numérisé non relu

EVE, SANS TRÊVE

Et la Coiffure, l’Art du Front,

Cheveux massés à la Néron Sur des yeux qui, du coup, fermentent; Tresses, bandeaux, crinière ardente; Madone ou caniche ou bacchante ;

Mes frères, décoiffons d’abord ! puis nous verrons.

Ah ! les ensorcelants Protées !

Et suivez-les décolletées Des épaules ; comme, aussitôt,

Leurs yeux, les plus durs, les plus faux, Se noient, l’air tendre et comme il faut, Dans ce halo de chair en harmonies lactées !...

POÉSIES

Et ce purgatif : Vierge hier, Porter aujoui’d’hui dans sa chair, Fixe, un Œil mâle, en fécondée !

L’âme doit être débordée !

Oh ! nous n’en avons pas idée !

Leur air reste le même, avenant et désert...

Avenant, Promis et Joconde !

Et par les rues, et dans le monde Qui saurait dire de ces yeux Réfléchissant tout ce qu’on veut Voici les vierges, voici ceux Où la Foudre finale a bien jeté la sonde.

Ah ! non, laissons, on n’y peut rien.

Suivons-les comme de bons chiens,

Couvrons de baisers leurs visages Du moment, faisons bon ménage Avec leurs bleus, leurs noirs mirages, Cueillons-en, puis chantons : merci c’est bien, fort bien...

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