‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 148 sur 151 · ARABESQUES DE MALHEUR · texte numérisé non relu

ARABESQUES DE MALHEUR

Nous nous aimions comme deux fous; On s’est quittés sans en parler.

(Un spleen me tenait exilé Et ce spleen me venait de tout.)

Que ferons-nous, moi, de mon âme.

Elle de sa tendre jeunesse !

O vieillissante pécheresse,

Oh ! que tu vas me rendre infâme !

Des ans vont passer là-dessus ; On durcira chacun pour soi ;

Et bien souvent, et je m’y vois, On ragera : « Si j’avais su !... »

DES FLEURS DE BONNE VOLONTE

Oh ! comme on fait claquer les portes, Dans ce Grand Hôtel d’anonymes !

Touristes, couples légitimes,

Ma Destinée est demi-morte !....

— Ses yeux disaient : « Comprenez-vous !

» Comment ne comprenez-vous pas ! »

Et nul n’a pu le premier pas;

On s’est séparés d’un air fou.

Si on ne tombe pas d’un même Cri ci genoux, c’est du factice.

Ensemble ! voilà la justice Selon moi, voilà comment j’aime.

LUI

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