‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 4 sur 151 · LA CHANSON · texte numérisé non relu

LA CHANSON

DU PETIT HYPERTROPHIQUE

C’est d’un’ maladie d’ cœur Qu’est mort’, m’a dit 1’ docteur, Tir-lan-laire !

Ma pauv’ mère ;

Et que j’irai là-bas,

Fair’ dodo z’avec elle.

J’entends mon cœur qui bat, C’est maman qui m’appelle !

On rit d’ moi dans les rues,

De mes min’s incongrues La-i-tou !

D’enfant saoul ;

Ah ! Dieu ! C’est qu’à chaqu’ pas J’étouff , moi, je chancelle !

J’entends mon cœur qui bat, C’est maman qui m’appelle !

PO KSI PS

Aussi j’ vais par les champs Sangloter aux couchants, La-ri-rette !

C’est bien bêle.

Mais le soleil, j’ sais pas,

M’ semble un cœur qui ruisselle !

J’entends mon cœur qui bat,

C’est maman qui m’appelle !

Ah ! si la p’tite Gen’viève Voulait d’ mon cœur qui s’ crève, Pi-lou-i !

Ah, oui !

J’ suis jaune et triste hélas !

Elle est ros’, gaie et belle !

J’entends mon cœur qui bat,

C’est maman qui m’appelle !

Non, tout 1’ monde est méchant, Hors le cœur des couchants, Tir-lan-laire !

Et ma mère,

Et j’ veux aller là-bas Fair’ dodo z’avec elle...

Mon cœur bat, bat, bat...

Dis, Maman, tu m’appelles?

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