‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 6 sur 151 · FARCE ÉPHÉMÈRE · texte numérisé non relu

FARCE ÉPHÉMÈRE

Non ! avec ses Babels, ses sanglots, ses fiertés, L’Homme, ce pou rêveur d’un piètre mondicule,

Quand on y pense bien est par trop ridicule, ^

Et je reviens aux mots tant de fois médités. r

Songez ! depuis des Ilots sans fin d’éternités,

Cet azur qui toujours, en tous les sens recule,

De troupeaux de soleils à tout jamais pullule,

Chacun d’eux conduisant des mondes habités...

Mais non ! n’en parlons plus ! c’est vraiment trop risible !

Et j’ai montré le poing à l’azur insensible !

Qui m’avait donc grisé de tant d’espoirs menteurs ?

Eternité ! pardon. Je le vois, notre terre N’est, dans l’universel hosannah des splendeurs,

Qu’un atome où se joue une farce éphémère.

POESIES

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