‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 61 sur 151 · DES NOCES DE PIERROT · texte numérisé non relu

DES NOCES DE PIERROT

Où te flatter pour boire dieu,

Ma provisoire corybante ?

Je sauce mon âme en tes yeux,

Je ceins ta beauté pénitente,

Où donc vis-tu ? Moi si pieux,

Que tu m’es lente, lente !

Tes cils m’insinuent : c’en est trop Et leurs calices vont se clore,

Sans me jeter leur dernier mot,

Et refouler mes métaphores,

De leur petit air comme il faut ?

Isis, levez le store !

LES COMPLAINTES

Car cette fois, c’est pour de bon ; Trop d’avrils, quittant la partie Devant des charmes moribonds,

J’ai bâclé notre eucharistie Sous les trépieds où ne répond Qu’une aveugle Pythie !

Ton tabernacle est dévasté ?

Sois sage, distraite égoïste !

D’ailleurs, suppôt d’éternité,

Le spleen de tout ce qui s’existe Veut qu’en ce blanc matin d’été,

Je sois ton exorciste !

Ainsi, fustigeons ces airs plats Et ces dolentes pantomimes Couvrant d’avance du vieux glas Mes toscins à l’hostie ultime !

Ah ! tu me comprends, n’est-ce pas, Toi, ma moins pauvre rime?

Introïbo, voici l’Epoux !

Hallali ! songe au pôle, aspire ;

Je t’achèterai des bijoux,

Garde-moi ton ut de martyre...

Quoi ! bébé bercé, c’est donc tout ?

Tu n’as plus rien à dire?

POÉSIES

— Mon dieu, mon dieu ! je njai rien eu,

J en suis encore aux poncifs thèmes !

Son teint me redevient connu,

Et, sur son front tout au baptême,

Aube déjà l’air ingénu !

L’air vrai ! l’air non mortel quand même !

Ce qui fait que je l’aime,

Et qu’elle est même, vraiment, La chapelle rose Où parfois j’expose Le Saint-Sacrement De mon humeur du moment.

LES COMPLAINTES

COMPLAINTE

Page 1