‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 69 sur 151 · DES CONDOLÉANCES AU SOLEIL · texte numérisé non relu

DES CONDOLÉANCES AU SOLEIL

Décidément, bien don Quichotte et pas peu sale,

Ta Police, ô Soleil ! malgré tes grands Levers,

Et tes couchants des beaux Sept-Glaives abreuvés, Rosaces en sang d’une aveugle Cathédrale !

Sans trêve, aux spleens d’amour sonner des hallalis ! Car, depuis que, majeur, ton fils calcule et pose, Labarum des glaciers ! fais-tu donc autre chose Que chasser devant toi des dupes de leurs lits ?

Certes, dès qu’aux rideaux aubadent tes fanfares,

Ces piteux d’infini, clignant de gluants deuils, Rhabillent leurs tombeaux, en se cachant de l’œil Qui cautérise les citernes les plus rares !

LES COMPLAINTES

Mais tu ne te dis pas que, là-bas, bon Soleil,

L’autre moitié n’attendait que ta défaillance,

Et déjà se remet à ses expériences,

Alléguant quoi? la nuit, l’usage, le sommeil,..

Or, à notre guichet, tu n’es pas mort encore,

Pour aller fustiger de rayons ces mortels,

Que nos bateaux sans Heurs rerâlent vers leurs ciels D’où pleurent des remparts brodés contre l’aurore !

Alcôve des Danaïdes, triste astre ! — Et puis,

Ces jours où, tes fureurs ayant fait les nuages,

Tu vas sans pouvoir les percer, blême de rage De savoir seul et tout à ses aises l’Ennui !

Entre nous donc, bien don Quichotte, et pas moins sale, Ta Police, ô Soleil, malgré tes grands Levers,

Et tes couchants des beaux Sept-Glaives abreuvés, Rosaces en sang d’une aveugle Cathédrale !

POÉSIES

COMPLAINTE

Page 1