DES DÉBATS MÉLANCOLIQUES ET LITTÉRAIRES
On peut encore aimer, mais confier toute son âme est un bonheur qu’on ne retrouvera plus.
Corinne ou l’Italie.
Le long cl’un ciel crépusculâtre,
Une cloche angéluse en paix L’air exilescent et marâtre Qui ne pardonnera jamais.
Paissant des débris de vaisselle,
Là-bas, au talus des remparts,
Se profile une haridelle Convalescente; il se fait tard.
Qui m’aima jamais ? Je m’entête Sur ce refrain bien impuissant,
Sans songer que je suis bien bête De me faire du mauvais sang.
LES COMPLAINTES
Je possède un propre physique,
Un cœur d’enfant bien élevé,
Et pour un cerveau magnifique Le mien n’est pas mal, vous savez,
Eh bien, ayant pleuré l’Histoire, J’ai voulu vivre un brin heureux; C’était trop demander, faut croire ; J’avais l'air de parler hébreux.
Ah ! tiens, mon cœur, de grâce, laisse ! Lorsque j’y songe, en vérité,
J’en ai des sueurs de faiblesse,
A choir dans la malpropreté.
Le cœur me piaffe de génie Epei'dument pourtant, mon Dieu !
Et si quelqu’une veut ma vie,
Moi je ne demande pas mieux !
Eh va, pauvre âme véhémente !
Plonge, être, en leurs Jourdains blasés, Deux frictions de vie courante T’auront bien vite exorcisé.
POÉSIES
Hélas, qui peut m’en répondre !
Tenez, peut-être savez-vous Ce que c’est qu’une âme hypocondre ?
J’en suis une dans les prix doux.
O Hélène, j’erre en ma chambre ;
Et tandis que tu prends le thé, Là-bas, dans l’or d’un fier septembre,
Je frissonne de tous mes membres,
En m’inquiétant de ta santé.
Tandis que, d’un autre côté...
Berlin.
LES COMPLAINTES
d’une convalescence en mai
Nous u’avons su toutes ces choses qu’après sa mort.
Vie de Pascal, par Mm° Perier.
Convalescent au lit, ancré de courbatures,
Je me plains aux dessins bleus de ma couverture,
Las de reconstituer dans l’art du jour baissant Cette dame d’en face auscultant les passants :
Si la Mort, de son van, avait chosé mon être,
En serait-elle moins, ce soir, à sa fenêtre ?...
Oh ! mort, tout mort ! au plus jamais, au vrai néant Des nuits où piaule en longs regrets un chant-huant !
POESIES
Et voilà que mon Ame est tout hallucinée !
Mais s’abat, sans avoir fixé sa destinée.
Ah ! que de soirs de mai pareils à celui-ci ;
Que la vie est égale ; et le cœur endurci !
Je me sens fou d’un tas de petites misères.
Mais maintenant, je sais ce qu’il me reste à faire.
Qui m’a jamais rêvé? Je voudrais le savoir!
Elles vous sourient avec âme, et puis bonsoir,
Ni vu ni connu. Et les voilà qui rebrodent Le canevas ingrat de leur âme à la mode ;
Fraîches à tous, et puis reprenant leur air sec Pour les christs déclassés et autres gens suspects.
Et pourtant, le béni grand bol de lait de ferme Que me serait un baiser sur sa bouche ferme !
Je ne veux accuser personne, bien qu’on eût Pu, ce me semble, mon bon cœur étant connu...
LES COMPLAINTES
N’est-ce pas ; nous savons ce qu’il nous reste à faire,
O Cœur d’or pétri d’aromates littéraires,
Et toi, cerveau confit dans l’alcool de l’Orgueil !
Et qu’il faut procéder d’abord par demi-deuils...
Primo : mes grandes angoisses métaphysiques Sont passées à l’état de chagrins domestiques ;
Deux ou trois spleens locaux. — Ah ! pitié, voyager Du moins, pendant un an ou deux à l’étranger...
Plonger mon front dans l’eau des mers, aux matinées Torrides, m’en aller à petites journées,
Compter les clochers, puis m’asseoir, ayant très chaud, Aveuglé des maisons peintes au lait de chaux...
Dans les Indes du Rêve aux pacifiques Ganges,
Que j’en aides comptoirs, des hamacs de rechange !
— Voici l’œuf à la coque et la lampe du soir. Convalescence bien folle, comme on peut voir.
Coblentz.
POESIES
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