‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 88 sur 151 · AYANT LE LEVEE DE LA LUNE · texte numérisé non relu

AYANT LE LEVEE DE LA LUNE

— Je veux bien vivre ; mais vraiment, L’Idéal est trop élastique !

— C’est l’Idéal, son nom l’implique, Hors son non-sens, le verbe ment.

— Mais, tout est conteste ; les livres S’accouchent, s’entretuent sans lois !

— - Certes ! l’Absolu perd ses droits, Là, où le Vrai consiste à vivre.

— Et, si j’amène pavillon

Et repasse au Néant ma charge ?

l’imitation de notre dame la lune

— L’Infini, qui souffle du large,

Dit : « Pas de bêtises, voyons ! »

— Ces chantiers du Possible ululent A l’inconcevable, pourtant !

— Un degré, comme il en est tant Entre l’aube et le crépuscule.

— Etre actuel, est-ce, du moins,

Etre adéquat à Quelque Chose ?

— Conséquemment, comme la rose Est nécessaire à ses besoins.

— Façon de dire peu commune Que Tout est cercles vicieux ?

— Vicieux, mais Tout !

— J’aime mieux Donc m’en aller selon la Lune.

POÉSIES

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