‹ Œuvres complètes de LamartineChapitre 163 sur 186 · CHAPITRE HUITIËMIS · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIËMIS

<— Eh bien 1 m'a-t-il dit alors, tranquilisez votre pauvre àme malade, mon cher fils, ce que vous demandez est bien difficile, impossible à obtenir des hommes peut-être, mais Dieu est plus miséricordieux que les hommes, et celui qui a emporté la brebis égarée sur ses épaules ramène au bercail l*&me blessée par tous les chemins. Je n'oserais prendre sur moi seul, sans l'aveu de mes supérieurs, sans le consentement de vos parents et sans lapermissi<Hi de Tévfique, d'unir secrètement deux enfants qui s'aiment dans un cachot, au pied d'un échafaud, et de mêler l'amour à la mort, dans une union toute sacrilège, si elle n'était toute sainte.

Mus sî Dieu permet, pour votre salut éternel, ce que les hommes réprouveraient sans souci de votre &me ; si le Christ dit oui par l'organe de ses ministres, qui sont mes oracles, soyez certain que je ne dirai pas non, et que j'aiïronterai le blâme des hommes pour porter deux âmes pures à Dieu I

Je vais d'abord consulter Tévèque aussi rempli de charité que de lumière, je monterai ensuite h San Stefano pour obtenir les dispensesde mes supérieurs ; je confierai ensuite & votre mère et au père de Fior d'Âliza la mission sacrée dont je suis cbai^ auprès d'eux ; j'obtiendrai facilement pour eux l'autorisation d'entrer avec moi dans votre prison.

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pour recevoir les derniers adieux du condamné, et pour ramener leur fille et leur nièce, veuve avant d'être épouse* dans leur demeure ; préparez-vous par la pureté de vos pensées, par la vertu de votre pardon k Tunion toute sainte que vous désirez comme un gage du ciel , et surtout ne laissez rien soupçonner ni au bargello ni & ceux qui vous visiteront par charité, du mystère qui s'accomplira entre l'évêque, vous, votre cousine, vos parents et moi ; les hommes de Dieu peuvent seuls comprendre ce que les hommes de la loi ne sauraient souscrire I Vous nous perdriez tous, et vous, bêlas I le premier.

A ces mots, il m'a béni et j'ai baisé ses sandales.

Voilà, mol à mot, les paroles du père Hilario ; mais j'ai bien vu & scm accent et à son visage qu'il avait plus de confiance que de doute sur le succès de sa conridence & l'évéque et à ses supérieurs, et que mon désir était déjà ratifié dans- sa pensée.

Nous passâmes ainsi ensemble ce soir-là, et tous les autres, de longs moments qui ne duraient qu'une minute, parlant de ceci, de cela, de ce que faisaient ma tante et mon père sous le châtaignier, de ce que nous y ferions nous-mêmes si jamais nos angoisses venaient à finir, soit par la gr&ce de monseigneur te duc, soit par la fuite que

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