JOURNAL TROUVÉ CHEZ UN CURÉ DE VILLAGE
Vuxif.
rv.
MÂRIA-ÂNNÂ-ÉLIZÂ.
JaoTier I8S6.
Doux nom de mon bonheur, si je pouvais inscrire Un chiflEre ineffaçable au socle de ma lyre , C'est le tien que mon cœur écrirait avant moi , Ce nom où vit ma vie et qui double mon Ame !
Hais pour lui conserver sa chaste ombre de fe mme , Je ne l'écrirais que pour toi.
Lit d'ombrage et de fleurs où Tonde de ma vie Coule secrètement, coule à demi tarie, Dont les bords trop souvent sont attristés par moi , Si quelque pan du ciel par moment s'y dévoile , Si quelque flot y chante en roulant une étoile , Que ce murmure monte à toi !
Abri dans la tourmente où l'arbre du poëte Sous un ciel déjà sombre obscurément végète , Et d'où la sève monte et coule encore en moi , Si quelque vert débris de ma pAle couronne Refleurit aux rameaux et tombe aux vents d'automne, Que ces feuilles tombent sur toi !