‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 2)Chapitre 49 sur 49 · VERS IMPROVISÉS, ETC · texte numérisé non relu

VERS IMPROVISÉS, ETC

Ne voyez-vous jamais les divines phalanges Sur vos dômes sacrés descendre et se pencher ? N'en tendez- vous jamais des doux concerts des anges Retentir Tëcho du rocher?

Quoi ! Tâme en vain regarde, aspire, implore, écoute ; Entre le ciel et nous est-il un mur d'airain ? Vos yeux , toujours levés vers la céleste voûte , Vos yeux sont-ils levés en vain ?

Pour s'élancer, Seigneur, où ta voix les appelle, Les astres de 1^ puit ont des chars de saphirs ; Pour s'élever à toi , l'aigle au moins a son aile ; Nous n'avons ripn que nos soupirs !

Que la voix de tes saints s'élève et te désarme ; La prière du JM^ïp eçt l'epcpqs jjp? ipQrtejs ; Etnous,péclieur3»p9SSQn3 : poi^^p'^yonsqu'une larme A rép^o4r^ ^"^ ^^ ^t^tel^.

Avait t,k Lierofti »■ to» pobiib db jocblt», ?4« V- i^i'Jt» DB RB^P^GUIBfl.

Pendant le soir ^ruyant, pendant I9 nuit niuette.

Mon cœur 9 (^ëyore Ion saipt liyre^ 6 poète!

Et lorsqu'à ma fenêtre a repapu le jour

Je relisais ces chants de prière et d'amour.

Ces chants de ^epil^ d'espoir, de vie et d'îigonie,

Et puis je te nommais en disant : 6 génie !

Et de mon cœur soudain les battemeps pressés^

Mes soupirs retenu^ Jopgtemp^, n|es pjpurs yerçpç^

L'intérieur é}ap qui vefs Dieq nous élève,

Des images passant devant moi comme un rêve.

Des troubles inconqys dans tous mes sens restés,

Quelques mpts de tes vers ^u hasard répétés ,

Et Marthe, çt Jocelyi), et ^a. ipère, çt L^urenpe,

Et ce chien dont l'iqstinct d'une âme a l'appar^ncei

Étires cré^s par toi , dans m^ famille admis,

Nés d'ifiçr seulement, et déjà vi^ux ami§ ;

Ce drame, qui d'amour et de pleurs se compose,

La mort, dont la pensée épouvante et repose,

L'homme esclave du corps, Tétre immatériel , Le combat sur la terre et le triomphe au ciel. Et partout tant d'éclat| que des jeunes années On croit voir reverdir toutes les fleurs fanées : Voilà les sentimens qui me viennent de toi, Voilà ce que ton livre a fait passer en moi.

A Byron, barde anglais, toi, poète de France,

On te compare, ainsi que la belle espérance

Au sombre désespoir ; et c'est avec raison

Que l'univers a fait cette comparaison.

Ta poésie est tout, rayon, flamme, mystère,

Ce qui ])are, colore ou parfume la terre ;

C'est le vent de l'aurore et la brise des soirs,

Les nuages montant de l'or des encensoirs,

La fleur entre les noirs barreaux de l'esclavage,

Les perles que la mer roule sur son rivage.

Le cygne sur le lac, l'aigle au-dessus des monts.

Ce que nous dit tout bas le cœur, quand nous aimons.

Tantôt la vérité, tantôt la parabole.

Et toujours de la vie un éclatant symbole.

Il faut l'accord céleste à nos claviers humains,

Et les notes du ciel bondissent sous tes mains.

Il faut un baume au mal que le sort nous destine.

Et ce baume est pour moi dans tes vers, Lamartine !

Chernom, beau nom, grand nom ! ... qui résume à la fois

Tout ce qu'ont de plus doux les âmes et les voix.

A V. JULES DB RBSSÉfiClEll.

Non, cette suave harmonie Qui dompte et caresse tes sens, Poète, n'est pas hion génie ; Tu m'embaumes de ton encens!

Je ne suis que la folle brise Qui court sur la plaine et les bois, Souflfle d'air que chaque herbe brise, Et qui, par lui-même, est sans voix.

Mais s'il rencontre dans l'enceinte Des vieux temples aux vents ouverts, Près de l'autel la harpe sainte, On entend de divins concerts.

Je suis cette haleine qui joue Sur la harpe à l'accord dormant.

Est-ce donc la brise qu'on loue.

Ou l'harmonieux instrument?

Je suis le doigt et toi le livre; Mon cœur te révèle le tien ; Mais chaque note qui t'enivre.

C'est ton encens et non le ihiéti.

Ton cœur sonore de poète Est semblable à ces urnes d'or Où la moindre aumône qu'on jette Résonne comme un grand trésor !

Des fleurs qu'à nos lyres tu donnes Nous ne prenons que la moitié ; Mais les roses de nos couronnes.

Tu les parfumes d'amitié!

rm DU TOMB QUATRIfcMK.

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