‹ Œuvres complètes de M.A. de Lamartine (volume 3)Chapitre 1 sur 51 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Ce^i n'est ni un livre, ni nnYor^e; je n'ai jama» pensé à é^^^ V"" ^m Tantre, Unjivre^joo jlotôt on poème sur l'Orient , M, de Chateaubriand Fa fut dans ritinéraire; œ grand écriTain et œ grand poète n'a fût que passer sur cette terre de prodiges , mais il a imprimé pour toujours la trace du génie sur cette pondre que tant de siècles ont remuée. Il est allé à Jérusalem en pèlerin et en chevalier, la Bible, TÉvangile et les Croisades à la main. J'y ai pas^^ spnlpfnpnt i*^ p^w^ et en philosophe ; j'en ai rapporté de profondes impresâons dans mon cœur, de hantq et tem'hifls enseignements dans mon esprit. Les. éludes que j'y ai faites sur les religions, 1 histoire, les mœurs, les traditions, les phases de l'humamté , ne sont pas perdues pour moi. Ces études qui élargissent l'horiapn si étroit de la pensée, qui posent devant la raison les grands problèmes reli^eux et historiques, qui forcent l'homme à revenir sur ses pas , à scruter ses convictions sur parole, à s'en formuler de nouvelles : cette grande et intime éducation de la pensée par la pensée, par les lieux.

i AVERTISSEMENT.

par les faits , par les comparaisons des temps avec les temps, des mœurs avec les mœurs , des croyances avec les croyances, rien de tout cela n'est perdu pour le voyageur^ le poète ou le philosophe ; ce sont les éléments de sa poésie et de sa philosophie à venir. Quand il a amassé, classé, ordonné, éclairé, résumé l'innombrable multitude d'impressions, d'images, de pensées, que la terre elles hommes parlent à qui les interroge ; quand il a mûri son Ame et ses convictions, il parle à son tour, et, bonne ou mauvaise, juste ou fausse , il donne sa pensée à sa génération ,^ ou sous la forme de poè'me, ou^sous la forme philosophique. Il dit son mot , ce mot que tout homme qui pense est appelé à djre. Ce moment viendra peut-être pour moi ; il n*est pas venu encore.

Quant à un voyage, c'est-à-dire à une description complète et fidèle des pays qu'on a parcourus , des événements personnels qui sont arrivés au voyageur, de l'ensemble des impressions des lieux, des hommes et des mœurs sur eux, j'y ai encore moins songé. Pour l'Orient, cela est fait aussi ; cela est fait en An°:leterre , et cela se fait en France en ce moments avec une conscience , un talent et un succès que le n'aurais pu me flatter de surpasser : M. de Laborde écrit et dessine avec le talent du voyageur en Espagne et le pinceau de nos premiers artistes ; M. Fontanier, consul à Trébizonjie> nous donne successivement des portraits exacts et vivants (^^ a parties les moins explorées de l'empire ottoman ; et la Correspondance d'Orient, par M. Michaud, de l'Académie Française, et par son jeun» ftt brillanti r^nllahAral^nrj M. Pnu-

jouïât, satisfait complètement à tout ce que la curiosité

AYjËUTISS£M£NT. i

historique , morale et pittoresque , peuL désirer sur l*Qrient. M. Hjichaud, écrivain expérimenté, homme fait, historien classique, endchit la description des lieux qu'il pai^urt de tous les souvenirs, vivants pour lui, des croisades; il fait la critique des lieux par l'histoire, et de rhistoire par les lieux ; son esprit mûr et analytique se fait jour à travers le passé comme à travers les mœurs des peuples qu'il visite , et répand le sel de sa piquante et gracieuse sagesse sur les mœurs^ les coutumes, les ci> vilisations qu'il parcourt ; c'est l'homme avancé en intelligence et en années , conduisant le jeune homme par la main et lui montrant, avec le sourire de la raison et de l'ironie, des scènes nouvelles pour lui. M^ouioulat est un poëte et un coloriste; son style, frapféde l'impression et de la teinte des lieux , les réfléchit tout éclatants et tout chauds de la lumière locale. On sent que le soleil d'Orientjiiit et échauffe encore dans sa pensée jeune et féconde , pendant qu'il écrit à son ami ; ses pages sont des blocs du pays même, qu'il nous rapporte tout rayonnants de leur splendeur native. La diversité dP ^^^ ^**"^ talents s'achevant l'un par l'autre fait de la Correspon- Hanr/> H*f)rf^"^ ^^ ''ecueil le plus complet que nous puissions désirer sur ce^admirable pavs ; c'est aussi la lecture la pTusvâriée et la plus attrayante.

Pour la géographie, nous avons peu de choses encore ; mais les travaux de Jj. Caillet, jeune ofBcier d'élat-major que j'ai rencontré en Syrie, seront sans doute publiés bientôt, et compléteront pour nous le tableau de cette partie du monde. M. Caillet a passé trois ans à explorer l'jle de Chypre , la Caramanic , les différentes parties de

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