AVERTISSEMENT
tentionjjiskaite , mon loisir perdu : il fallait ou brûler ou laisser aller ces notes telles quelles. Des ciixûiiâtaaçes. inutiles à expliquer m'ont déterminé à ce dernier parti ; je m'en repens, mais il est trop tard.
Que le lecteur les ferme donc avant de les avoir parcourues, s'il y cherche autre chose que les plus fugitives et les plus superficielles impressions d'un voyageur qui marche sans s'arrêter. Il ne peut y avoir un peu d'intérêt que pour des peintres; ces notes sont presque exclusivement pittoresques ; c'est le regard écrit , c'est le coup d'œil d'un passager assis sur son chameau ou sur le pont de son navire , qui voit fuir des paysages devant lui , et qui, pour s'en souvenir le lendemain, jette quelques coups de crayon sans couleur sur les pages de son journal. Quelquefois le voyageur, oubliant la scène qui l'envi ronne, se replie sur lui-même , se parle à lui-même, s'écoute lui-même penser, jouir ou souffrir ; il grave aussi alors un mot de ses impressions lointaines , pour que le vent de TOcéan ou du désert n'emporte pas sa vie tout entière, et qu'il lui en reste quelque trace dans un autre temps, rentré au foyer solitaire, cherchant à ranimer un passé mort , à réchauffer des souvenirs froids, à renouer les chaînons d'une vie que les événements ont brisée à tant de places. Voilà ces notes : de l'intérêt , elles n'en ont point; du succès, elles ne peuvent point en avoir ; de l'indulgence, elles n'ont que trop de droits à en réclamer.