DESBORDES-VALMORE
Égayait le couple folâtre De l'espoir d'un frugal festin.
Âppuyëe au mât qui chancelle , Et que sa main tient embrasse, lia mère les couvait de l'aile Et suspendait à sa mamelle Le plus jeune à son cou bercé.
Ils n'ont , disais-je y dans la vie Que cette tente et ces trésors ; Ces trois planches sont leur patrie , Et cette terre en vain chérie Les repousse de tous ces bords !
En vain de palais et d'ombrage , Ce golfe immense est couronné.
Ils n'ont , pour tenir au rivage , Que l'anneau rongé par l'orage, De quelque môle abandonné !
Ils n'ont pour fortune et pour joie ^ Que les refrains de leurs couplets ; L'ombre que la voile déploie ; La brise que Dieu leur envoie , Et ce qui tombe des filets !
Cette pauvre barque , 6 YalmorCi Est l'image de ton destin.
La vague , d'aurore en aurore ,