‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 4)Chapitre 61 sur 85 · DESBORDES-VALMORE · texte numérisé non relu

DESBORDES-VALMORE

Égayait le couple folâtre De l'espoir d'un frugal festin.

Âppuyëe au mât qui chancelle , Et que sa main tient embrasse, lia mère les couvait de l'aile Et suspendait à sa mamelle Le plus jeune à son cou bercé.

Ils n'ont , disais-je y dans la vie Que cette tente et ces trésors ; Ces trois planches sont leur patrie , Et cette terre en vain chérie Les repousse de tous ces bords !

En vain de palais et d'ombrage , Ce golfe immense est couronné.

Ils n'ont , pour tenir au rivage , Que l'anneau rongé par l'orage, De quelque môle abandonné !

Ils n'ont pour fortune et pour joie ^ Que les refrains de leurs couplets ; L'ombre que la voile déploie ; La brise que Dieu leur envoie , Et ce qui tombe des filets !

Cette pauvre barque , 6 YalmorCi Est l'image de ton destin.

La vague , d'aurore en aurore ,

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