‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 4)Chapitre 69 sur 85 · A UNE JEUNE PERSONNE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE PERSONNE

QUI raÉDMAIT L'ATBHIB.

Plein d'un instinct divin de gloire et de tendresse^ Et d'un feu que mon cœur ne pouvait contenir.

J'ai consulté dans ma jeunesse Des oracles charmans et chers au souvenir!

Plus d'une jeune prophëtesse De l'éclat de ses yeux m'éclaîra l'avenir.

Ah ! qu'il est doux d'y lire en ces momens d'ivresse !

Plus tard j'ai mis la main sur les seins palpitans De ces beautés de marbre, aux regards de sibylles. Leurs temples sont muets, leurs lèvres immobiles ; Le passé parle seul dans ces débris du temps !

Aujourd'hui que du soir l'ombre sur moi s^avance, Je n'interroge plus; l'oracle a prononcé, Et pour moi l'avenir est semblable au passé.

Moins ses erreurs et l'espérance!

En vain sous le mystère où se cache le sort, Le r^rd des humains dans l'avenir s'enfonce ; Le jour, hélas ! dément ce que la veille annonce ; Notre âme se consume en inutile effort :

IL u

Page 1