‹ Œuvres complètes de M. A. de Lamartine (volume 5)Chapitre 17 sur 88 · II · texte numérisé non relu

II

Si ce n'est du regard où s'allume l'aurore ?

Qui ferait germer l'herbe et fleurir le gazon , Si ce regard divin n'y portait son rayon ?

Cet œil s'abaisse donc sur toute la nature ; Il n'a donc ni mépris , ni faveur, ni mesure ; Et devant Tinfîni , pour qui tout est pareil , Il est donc aussi grand d'être homme que soleil ! Et je sens ce rayon m'échauffer do sa flamme , Et mon cœur se console , et je dis à mon âme : Homme ou monde , à ses pieds , tout est indifférent , Mais réjouissons-nous , car notre maître ost grand ! Flottez, soleils des nuits , iil-uminez les splièios ; Bourdonnez sous votre herbe , insectes éphémères ; Rendons gloire là-haut, et dans nos profondeurs , Vous par voire néant, et vous par vos grandeurs, Et toi par ta pensée, homme, grandeur suprême , Miroir qu'il a créé pour s'admirer lui-même , Écho que dans son œuvre il a si loin jeté , Afin que son saint nom fût partout répété.

Que cette humilité qui devant lui m'abaisse Soit un sublime hommage, et non une tristesse ; Et que sa volonté, trop haute pour nos yeux , Soit faite sur la terre ain^i que dans les cieux!

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