RÉPONSE A UN VIEIL AMI
A M. BONOT.
Non , le temps en vain accumule Tant de jours flétris sous mes pas; Mon cœur où tant de feu circule Se dépouille et ne vieillit pas.
En vain, dans mon fil qu'il déroule, Le sort mêle joie et malheurs ; En vain mon eau pure s'écoule Avec Tamertume des pleurs ; En vain le gazon que je foule , La feuille qui sous mon pied roule , Me renouvelant mes douleurs , Me disent d'oublier la foule Pour chercher ce que j'aime ailleurs !
Quand je revois ce doux rivage Où pour mon âme tout est voix , Où chaque murmure des bois, Où chaque flot, chaque nuage, Sont un regret , sont une image , Sont un entretien d'autrefois , L'amitié, ce soleil de l'âme,