‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 178 sur 756 · SCÈNE XIL Les Précédents; ERNEST · texte numérisé non relu

SCÈNE XIL Les Précédents; ERNEST

ERNEST , à U eantonnade.

Je vous remercie , mes amis , des compliments que vous m'adressez , et auxquels je suis bien sensible.

BALTHASAR, à Léonie.

Vous avez voulu , Madame , que ce fût un jour de bonheur pour tout le monde ; car , grâce à vous, mon maître me pardonne.

LÉONIB.

Ah! je l'en remercie.

BALTHASàR.

Et moi, je n'ose vous dire ce que j'éprouve; Biais je vous chéris maintenant autant que mon

mattre ; je vous admire , je vous honore, je voudrais pouvoir vous servir à genoux.

JOSÉPHINE

Ha bien raison.

GRINCHEUX

Oui, sans doute.

LÉONIE

Assez, assez, mes amis, (a part.) Je dois donc usurper leur estime à tous!

ERNEST , qui , après avoir remercié tout le monde , était ▼eno sur le derant du théâtre avec madame Darmentièrea.

Vous sentez bien , ma chère tante , que ma nouvelle dignité m'imposant quelques devoirs , il faut d'abord se rendre à Paris.

MADAME DiRMENTIÈRES.

Certainement, il le faut. Nous irons avec vous ; nous vous accompagnerons, n'est-ce pas, ma nièce?

BRNEST.

Dans ce moment , ce serait difficile , car un courrier que je reçois m'oblige à partir aujourd'hui ; mais auparavant j'ai quelques arrangements à prendre avec ma femme. Vous permettez...

MADAME DARMENTIÈRES.

Gomment donc !

ERNEST , allant à Léonie et remmenant an bord du tkéâtre, pendant que madame Darmentièrea , Balthasar, Joséphine et Grincheux restent au fond.

Cette ambassade qu'on me proposait , et que ce matin je voulais refuser, pour ne pas vous quitter , je viens de l'accepter ; mais comme , avant de quitter son pays, il faut mettre ordre à

ses affaires , (Lui donnant un papier. ) VOici UU UCte

que ie remets entre vos mains, et qui contient mes volontés expresses.

LÉONIE

Je les suivrai , Monsieur.

BRNEST.

n vous assure, dès ce moment, la moitié de ma fortune, et la totalité après moi. (Léonie,

faisant le geste de déchirer le papier. ) VoUS U'étCS paS

maîtresse de refuser; vous m'avez juré d'ob^, et cette fois, du moins, tenez vos serments.

LÉONIE , baissant la tête avec honte, et serrant le papier.

Ah! Monsieur.

ERNEST, se tournant vers madame Darmentières , qu*U embrasse.

Je pars, adieu, (a part, et regardant Balthasar. )

Et ce pauvre Balthasar , que cette fois je ne retrouverai plus. (Haut.) Et toi aussi, mon vieux et fidèle ami, embrassons-nous.

BALTHASAR

Ah ! mon maître !

ERNEST , s*efibrçant de sourire.

Je pleure, et je ne sais pourquoi.

BALTHASAR

Moi , je le sais bien : c*est de joie et de boubeur.

ERNEST

AUoos, allons, partons à Tlnslant

( Il fait quelques pu vers U porte.) MADAME DARMKNTIÈRES.

Et votre femme, à qui vous ne dites pas adieu.

ERNEST , sVrèUot.

C^eSt vrai. (s^avaoçaDt prêt de Léooie , et lui prenant

U main. ) Adieu, mon amie, adieu.

( Il va pour la quitter. ) LÉONIE , le regardant d*un air suppliant*

Monsieur, on nous regarde.

ERNEST

Ah! vous avez raison.

( Il rembraise sur le front. ) MADAME DARMENTIÈRES.

J*espère bien que dans sept ou buit jours nous nous reverrons.

ERNEST

Oui , ma chère tante, dans quelques jours.

LÉONIE, bas.

Serait-il vrai?

ERNEST , de même.

Jamais.

BALTHASAR, GRINCHEUX et JOSÉPHINE.

Adieu , Monseigneur. Adieu , monsieur k comte.

MADAME DARMENTIÈRES , regardant Léonie a?ec orgueil.

Ah I qu'elle est heureuse !

LÉONIE , seule à droite du théâtre.

Malheureuse! pour toujours.

( Ernest s'éloigne en jeUnt un dernier regard sur sa fenuse. Lconie cache sa tête dans ses mains , et fond en larmes. Tout le monde reconduit Ernest. )

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