‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 2 sur 756 · ROSALIE, GABRIELLE, GERMEUIL · texte numérisé non relu

ROSALIE, GABRIELLE, GERMEUIL

GBIIIIEUIL.

Oui, Mademoiselle, votre conduite est fort étrange. Je lais tout ce qu'il Éaut pour être adoré , et à peine ayez-vous sailement une espèce de passion. Arrangez-vous, mais Je ne puis m'habituer à ne pas être aimé.

GABaiELLE, froidement.

Mais Je vous aime : interrogez Rosalie.

ROSALIE

Moi, Mademoiselle, Je n'en sais rien, je bous assure.

GABRIELLE

Tu me le disais encore ce matin. Je t'ai demandé si j'aimais mon cousin; tu m'as dit oui; moi, je t'ai crue. M'aurais^u trompée. Ce serait bien mal

GERMEUIL

Eli ! Mademoiselle , c'est votre cœur et non Rosalie qu'il faut interroger. Quand on a fait comme moi le voyage de Paris, on n'aime pas à se vanter; mais avez-vous dans la province un jeune homme qui ait cette tournure élégante et facile? CCS manières aisées, ces grâces naturelles? Je B*en suis pas phis fier. Je sais que tout cela n'est pas moi , et qu'il n'y a qu'un sot qui puisse tirer vanité d'avantages aussi fragiles. Mais enfin , com-

parez, et j'ose croire que le résultat ne sera pas à mon désavantage. Que m'opposez-vous? Est-ce le futur époux que M. de Crac, votre père , vous destine, et qu'on attend aujourd'hui? Quelque rustre! un M. de Flourvac, un procureur que personne ne connaît, pas même votre père!

ROSAUE.

Je sais quil bante lé mérite et les grands viens du futur; mais parce que botre père lé dit, ce n'est point une raison. Il a la bérité en horrur, et passé dans lé pays pour lé plus grand havleur.

( Faisant entre GabrieUe et Gennenil.) Enfin CCttO CroiX

d'or dé la défunte , il mé l'a donnée; mais bous né sabez pas à quelle condition?

Air de l'Êcu de tix francs.

C'est pour attester, quand U conte, La Yérité de ses récits ; Depuis ce moment, je suis prompte A me montrer de son avis.

D'autres, suivant d'anciens usages.

Prennent des gens pour les servir ; Moi je suis ici pour mentir, £t je ne Tole pas mes gages.

Aussi , quand il bous a parlé du futur, j'ai dit que Je le connaissais, qu'il était charmant, et Je né l'ai pas bu.

GABRIELLE

N'importe , c'est le fils d'un ami de mon père.

ROSALIE

D'accord; mais vos amis doivent passer avant

les ^ens , eh donc I voos aimez Germeuil et tous Tépoosez.

GABRIBLLB.

Mais Rosalie*

BOSALIE.

Si vous ne Taimez pas* vous serez madame de FlooTTac

GABBIELLB.

Je Taime bien on pea; mais...

BOSALIB.

On bien vons resterez toujours Glle.

GABBIBLLB, vWement.

Voilà qni est décidé ; je i'aime toat à fait ; mais conunent refuser cet éponx ?

BOSàLIE.

Rien dé plus simple. Dans tontes les comédies do mondé, nné jeoné personne, qui a des principes, a toujours un amant dont elle ?eut.. ses parents lui en offrent un autre dont elle ne beut pas. On ne connaît Jamais lé prétendu qui est toujours un sot, un invécille, et qui descend toujours du ciel ou dé la patache ; c*est de rigur. On connaît veaucoup Tamant préféré qui est toujours un fort veau jeune homme. Surbient un balet intrigant, une souvrette havile qui trompe lé père , unit les enfants, et renvoie lé niais dans sa probince. On fait la noce, on récompense la soubrette, et la pièce est finie. Boilà, depuis M. de Pourceaugnac jusqu*à nos jours , lé plan dé toutes les comédies. Demandez à Mossu.

'^ GBBMEUIL.

Ah ! mon Dieu, oui ! et monsieur votre père nous traite en écoliers.

Air da yaude? ilie de Parité et R€f>anek$,

Un valet, un tmani, un père. Des rivÉux qui sont abusés.

Cela se voit partout, ma chère.

Ce sont des sujets trop usés :

Ces sujets-là sont vraiment trop usés, Le neuf me plairait davanla(re.

BOSALIE.

Mais tout est vu , tout est traité :

Il est si rare en fait de mariage, Dé trouver dé la noubeauté.

Laissons bénir le prétendu, et Jé bous réponds du succès. Mossu de Crac est mentur, et pourtant crédule; il se dit vrabe, et a peur de son ombre; il ne croit pas aux rébenans , mais il en a une frayeur terrivle , et dans ce bleux château , abec quelques chaînes et quelques esprits, ou même sans esprits, on peut faire un très-veau mélodrame. Je m*en charge.

Aia polonais.

Oui, Je vous oITre aujourd'hui , Mes amis, mon appui tutélaire; Tromper tuteurs et parents.

De tous temps Ce (ut mon pasae4empa.

Je suis en faveur.

Et près de monsieur votre père.

D'un succès flatteur Je vous réponds, sur mon honneur;

J'en fais le serment.

GBBMBUIL.

Sur ton honneur, fort bien, ma chère ;

Mais dis-moi pourtant Qui répondra du répondant?

£R8BMBLE.

BOSALIB.

Oui, Je Yoof offre aujourd'hui , etc. , etc.

GABBIBLLB.

Près de mon père, aujourd'hui,

Son appui Nous sera nécessaire :

Tromper tuteurs et parents.

De tous temps , Ce fut son passe-temps.

GBBMBUIL.

Oui, Près de son père aujourd'hui ; etc., etc.

BOSALIB.

Mais boid mossu botré père.

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