‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 217 sur 756 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

HORTËNSE, RIQUEBOURG.

RIQUEBOURG , sortant de la cbambre à gaucM , I la

AHoQS donc, qu'est-ce que c'est qu'un pareil enfantillage?

BOBTENSB, TentendanU

Mon mari.

BIQUBBOUBG, se parlant à lai-nème.

Est-ce qu'un homme doit être ainsi?

HOBTENSB.

Qu'y a^-il?

BIQUEPOUBG.

C'est ce Dampierre qui, pendant que je lui parle de vins de France, de sucre et de café, s'avise d'avoir la larme à Tieil.

Et pourquoi?

BIQVBBOUBC.

Il ne m'éeoutait pas , il pensaU à sa femme et h

son enfant qu'il va quiuer. Que diable 1 0 fom être àeeqa'on fait; U y a tampa pour tout. Je n'en- . pêche pas qu'on soit sensible, le soir, après le bureau! Aussi, maintenant, me vmlà toatitoL Ehbien! tuasvuGeoifeaàquand lanocc?Estil décidé?

HOBTBlfSBt tMoMét.

Pas encore tout à fait.* mais plm taid, fespère...

BIQUBBODBO, gakoMBt.

A la bonne heure, pourvu que ça vlente ; d^ tant qu'à présent Je suis moins preasé, irlee à une idée qui m'est venue.

HOBTERSB*

Gomment?

BIQUEBOVBfl.

Le départ de Dampierre me Wase trop dVmvrage, et j'ai imaginé de prendre avec moi mm neveu, qui, à son âge, ne fiait rien.

HOBTENSBi à part.

Ocid!

BIQUBBOUBG.

Gomme mon associé , il habitera id , chei noos, auprès de sa cousine, de sa future; il ne nous quittera plus.

HOBTENSE, à part,

G'est fait de moi ! (Bau^) Et vous croyeiqull acceptera?

BIQUBBQUBG.

J'en suia sftr ; car c'est me rendre sprvice, B m'aidera au bureau , dans mes travaux, im »« affaires. Et id , dans notre intérieur, ce sera pour Dous une société de tous les instants; en jm absence au moins, tu ne seras plus seule; çt te dissipera, ça t'égaiera, mmntenant surtout, qac tu es souvent souAVante,

BOBTBWSI^

J'en conviens ; et je crois que je te serai» «oWt si vous aviez daigné m'accorder ce que d^ J^ vous ai plusieurs fois demandé.

BIQUBllOtlBQ t étonné.

Gomment , ce dont tu me perlaÎB MCOft VM^ jour?

ROBTBBaB.

Eh bien! oui; permettea-moî de quitter Par^ et dWer passer quelques moi» dans votre tate de PiinviUe « que nous n'avons pes vue depeii mtemps.

BIQUBBQUBe.

Quelle diable d'idée! Mais quand une fois les femmea e» ont une ea tête! Depuis le coflBieo- «enumt de l'hiver, U loi a pris m amoer dsca» pagne... Voilé trois ou quatre ibis qi^eHs ^ presse depardr, par un temps affireoi, nt»^ de déeemlîre.

hk FAMIU* «IQUPBOURG.

B0ETBIf9P*

Qae m*impoite? Je n*y tiens pas.

Et moi, jy tiens; est-ce que Je peox ainsi, tonte l'année, me séparer de toi ? Déjà , cet été, quand tn as été aux eaux , que nous étions ici , mon . neveu et moi, que tu nous avais laissés Teufis , nous ne savions que devenir ; cette maison est si grande, quand tu'n*y es pas! il n'y a plus de plaisir, plus de bonheur ; il me semble que ta aies tout emporté.

HORTBNSB , trec tendreaie.

Eh bien! venez avec moL

DiQUEpouac.

Avec toi ! certainement qne jlrais, si ça se pouvait; mais mon commerce, mais mes affaûres me retiennent ici. Je ne penx pas quitter ; et quand j'ai bien trav^Ul^ toQ(e |§ joQméç^ il faut que le soir je te retrouve là , près de moi. Ça me console de tout , ça me réjouit, ça mo,,. Enûn , j*ai besoin de toi. Je ne peux vivre saps f»i ça m'est impossihle.

HORTBiai.

Cependant, si j« vous sois chère, vous m*actoHieNi la gHk^equa je vous dMMttde. Je souffï^

RIQUBMURG.

Si c'était pour ta santé, Je n^ésHerais pas; mais les docteurs ^ opposent, ils disent que ça teuiera.

HOnTBNSB.

NlmpoM, laissex-moi partir.

RIQUBBOUBG.

Et qu'est-ce qui te presse? qu'est-ce qui t^ ohUge?

PORT^NSB.

nie fout.

RIQUBBOURG.

Et pourquoi?

H0RTP19SB,

N'avet-vouB pas assez de confiance en votre fenoie pour yous en rapporter à elle du soin de ce qui est eopvenable pu nécessah^?

RIQVEB01JBG.

Si vr^ynçQtf

HQRTRIÎPÇ,

Ed bim ! aiori , ne me demandeineii ; S^-ïqps il poi $t iPiMeHBoi qi'élpig^er.

BiQPpnouaG^

Non , morbleu ! Je ne conçois p9§ puoin^isMce pareille ; et il faut qu'il y ait gu^lqup obpM (à* dessous. Ten conn^iii le motif; Je le veux, je Teiige.

H09TBBWB.

Jeufpuisledb^.

RIQUBBOUI^G.

Eh bien ! je n'accorde rien; tfi ne m^ quitteras pas, tu resteras.

HORTBNSB , daot le plut gr^nd troqble.

0 mon Dieu ! il n'est donc pas d'autre moyen; Je n'en connais pas du moins.

RIQUEBOURG.

Que dites-vous?

HORTENSB.

Qn'attaehée à vous, à mes devoirs, J'ai cru longtemps que rien d^ cf qui leur était étranger qe pouvait jamais faire impression sur moi; Je m'étais trompée* 11 est des affections qui ne dépendent ni ^e notre cœur, ni de notre volonté, qu'on ne peut empêcher de naître, et contre lesquelles on n'est point en garde; car lorsqu'on commence à les craindre... elles existent déjà.

RIQUEBOURG.

Comment !

HORTEIS'SE.

Non que vous deviens vous alarmer, et que ce cœur ait cessé de vous appartenir; il est à vous par le devoir , par l'estime , par la reconnaissance ; et grâce au ciel , Je suis digne de vous ; je n'ai aucun reproche à me faire, mais peut-être n'en serait-il pas toujours ainsi. Vous êtes mon meilleur ami, mon guide, mon protecteur; venez à mon aide, permettez-moi de m'éloigner, de céder à des craintes chimériques peut-être 1 mais que font naître le sentiment de mes devoirs et l'affection que je vous porte.

RIQUBBOURB.

Que viens^je d'entendre 1 II est quelqu'un que vouBabueriei?

HORTBNSB , baimiat lei jeoz.

Non , mais Je le crains peut-être I ( ritHomt. ) Il ne le sait pa^ , il ne le saura jamais , et c'est pour en être plus sûre que Je veux fdr.

BIQUBBOVRO.

Ce quelqu'un , quel est-il ?

HORTBIfK.

Que vous hnporte ?

RIQUEBOURG.

Et pourquoi l'aimeirvoua ?

HORTBBSPt

Je n'ai pas dit cela.

RIQUEBOURG, |ior« d« 1m,

Et moi, j'en suis sûr; il ifllaU l'empâcher* il ne fallait pas le sou8i*ir ; on se commande , on est toujours maître de sou

HOETEFWB.

L'ête^hfons dans ce moment?

RIQUBQnUilG.

G'eat différent; ce n'est pas de l'amour que j'ai, c'est de la rage l... contre vous, contre tout le monde.

HORTENSE

Que pouvais-Jc faire cependant, sinon de toat avouer ? J'ai donc eu tort d'avoir confiance en vous, de vous prendre pour conseil et pour ami, d'implorer votre protection ?

RIQUBBOURG.

Non, non ; vous avez bien fait, c'est moi qui perds la raison; et quoique jamais pcut-éu*e on n'ait lait un pareil aveu à un mari , je crois en vous ; vous êtes une honnête femme , que j'estime , que je respecte... c'est à lui seul que j'en veux. Quel est son nom ? quel est-il ? nommez-le-moi , je suis sûr que je 1q connais, que je l'abhorre* que je l'ai toujours détesté, et si je le renconure jamais...

Page 1