HENRIETTE, LE SURINTENDANT. LE PRINCE, UN OFFICIER, LA COMTESSE
LE PBINCB , entrant vivement.
Vous voilà , comtesse !... je vous cherchais... (Auturintendant) Vous ici, Mousicur!... Remettez votre épée, je vous destitue de vos places, de vos honneurs... Vous n'êtes plus rien.
LE SUBINTENDANT.
Moi, Monseigneur!
LE PBINCE.
Vous-même.
LE SUBINTENDANT.
Je suis perdu ! mais quelle machination a-t-elle fait jouer contre moi?...
LE PBINCB.
Sortez... sortez! vousdis-je... Non, restez et répondez.
LA COMTESSE
Qu'y a-t-ildonc?
LE PBINCE.
11 y a , Madame , que le neveu de monsieur , le comte Rodolphe , à qui ce matin j'avais fait grâce
par égard pour lui (montrant le aurintendant), et à la sollicitation de mademoiselle (montrant Henriette),
le comte Rodolphe , comme un furieux , comme un désespéré, vient de se jeter dans les rues de cette résidence, en appelant le peuple à la révolte.
LA COMTESSE, à part.
Ah! l'imprudent!
LE PBINCE.
11 a été saisi par ma garde, et dans un instant il sera fusillé: ce n*est pas cela qui m'inquiète.
HENBIETTE.
Ah! je me meurs...
(Le aurintendant la aoutient et la fait aaieoir dans on
fauteoU. )
LE PBINCE , étonné et regardant.
Qu'est-ce que cela veut dire?
LA COMTESSE
Qu'elle aimait Rodolphe... qu'elle en était aimée... Demandez au chambellan qui le savait
LE SUBINTENDANT.
Je le savais... je le savais comme tout le monde.
LE PBINCB.
Et il m'abusait, et j'ignorais la vérité.
LA COMTBaSB*
On ne rapprend que les jours de disgrftce. Et TOUS et moi nons commençons...
LE PRINCE
Il sera responsable de tout, car lui , son neveu et les siens me serviront d^otage ; et , comme je vous le disais tout à Theure , au moindre soulèvement...
LE SURINTENDANT
Ahl mon Dieu!...
(Bruit lourd au dehor». LVehettre jtNie U HarwiUaiae...
Aux armes I dtojemt )
LA COMTESSE
Entendez-vous ces cris?
LE PRINCE , à demi-ToU.
Voilà ce que je craignais, et ce que je venais vous apprendre. On assurait que les jeunes officiers , les amis de Rodolphe , se rassemblaient pour le délivrer ; et que le peuple , mis en mouvement et soulevé par eux...
HENRIETTE, à put.
Quel bonheur!
LE SURINTENDANT , de même.
Maudit neveu !
LA COMTESSE , allant à U fiBnêtre à gaoehe.
En effet , des rassemblements se forment devant le palais, dont on vient de fermer les portes,
LE PRINCE , M promenant avec agitation.
G*est ainsi que cela a commencé ches mon cousin le duc de Brunswick , et si ma garde refuse de donner... si elie fait cause commune avec eux!... Mon Dieu ! mon Dieu 1 que devenir?... Une sédition ! une révolte!
LE SURINTENDANT
C'est fait de moi!
LE PRINCE
Dépouillé, banni... pire encore, peut-être... Les ingrats ! moi qui ne demandais rien qu*à régner tranquille !... moi qui me disposais à me rendre au concert
LA COMTESSE, qui a quitté la «mètre.
Allons, allons, de la tête, du sang-froid. Cahnez-vous.
LE PRINCE
Se calmer... (Montrant de la croiiée.) Vojez doUC,
comtesse, voyez, que ces massessont effrayantes I eUes augmentent à chaque instant.. (Se retirant de la fenêtre.) Gardous qullsuc me voient
LA COMTESSE
Au contraire, U faut se montrer ; il faut pa« raltre.
Au milieu de ces furieux?
LA COMTESSE
C'est votre devoir... et quand on est prince !...
LE PRINCE , avee eflroi.
Et s'ils en veulent à mes jours?
LA COMTESSE , lui prenant la main.
Eh bien , on meurt ; mais on ne tremble pas.
LE PRINCE
Ce n*est pas pour moi que je tremble ; nais pour ce peuple , mais pour les malheurs qui peuvent résulter d'une émeute, d'une perre civile!... Que faire? je vous le demande, que faire ?... vous qui êtes mon guide , mon conseil
LA COMTESSE
Me laissez-vous libre , et maîtresse d'agir ï mon gré , à ma volonté ?
LE PRINCE
Sans contredit
LA COMTESSE, t^asseyant, écrÎTant, et appdantenmêDe temps Pofficier qui est au fond du théitre.
Monsieur le major... qu'à l'instant même on mette en liberté ce jeune prisonnier... le comte Rodolphe.
HENRIETTE , qui est Tenue auprès de la comtesse.
Ah! Madame!
LA COMTESSE, regardant le prince.
C'est l'ordre du prince.
LE PRINCE
Quel est votre dessein?
LA COMTESSE , écrivant toujours
Qu'il parte , et qu'il remette sur-le-champ cette
lettre à ses amis. (EUe «e 1ère, et amnaantleprioeeior lederant delà scène, elle lit.) « GonfieX-VOUS à la parole
» de votre souverain... séparez-vous à l'insunt » même; et je vous réponds qu'il accordera dès t aujourd'hui, de son plein gré, les garanties » que, plus tard , son honneur l'obligerait de re- » fuser à la violence. »
LE PRINCE prend la lettre, la plie, et la doone » major.
Allez. (Le major sort. A U comtesse.) Et VOUS CroyCI
qu'une telle promesse apaisera les esprits?
LA COMTESSE
Ten suis sûre... le tout est de céder à tenpst et vous n'aurez plus rien i craindre... Et Baintenant (serrant la main d^Henriette) quC je l'aiSBOfé..* (regardant le surintendant) que je mC SUiS VCRgée de
mes ennemis, (au prince) que j'ai affermi Totre pouvoir... Ferdinand, je puis partir pourPeiil 01^ vous m'avez condamnée.
LE PRINCE, la retenant.
Jamais... ou je serais le plus ingrat des honunes... Cette main que, naguère encore, j6 vous offrais...
LA COMTESSE
LE PRINCE
La refnserez-vous de nouveau, quand C^
LES TROIS MAITRESSES
pour mol, pour Bion bonheur, que Je tous le demande?
LA comtesse.
Je ne le pois !.^. Je ne le veux pas !••• Je ?oas raidit
L% PRINCE, écoutant.
Cid! qn^entends-je?
LE SURINTENDANT
Le brnit recommence.
HENRIETTE , regardant par la <soétre.
C'est le peuple , les officiers... ils se précipitent dans les cours intérieures.
LE PRINCE
Je suis perdu.
LA COMTESSE, lui prenant la main.
Taccepte yotre sort. Je le partage... Je ne tous quitte plus.