SCÈNE PREMIÈRE
CEORGINA, LOBD PARSIE. ploaiaunietmeiLor^s à table, et déjeoDant : Georgina occupe le milieu de la iMe; Dareie à Textrémité k gauc)ie ; MURRAY & Te^trémité à droite.
ENSEMBLE
Air : La belle nuil, la belle fêle (des Deux Niits). Que la gaité , notre compagne, Tienne sa eour Dans ce séjour; L'amour s'accroît , grâce ap Champagne r Honneur, honneur au Champagne, â l'amour!
LOUP DABSIE.
CTcst décidé, il n'y a que rAuglcterrp où Ton boi?e de bon yin de Champa^e*
MURRAT.
Il est bien meilleur qa*en France.
DARSIE.
D^abord il coûte plus cber.
C'est une raison, surtout pour moL Le TÔtre est délicieux.
GEORGINA
Faites-en compliment à MUor4, Q yient de hiL
DABSIi.
Cest une galanterie y galaiiterie tom kfidt inu-
tile: car vous, miss Georgina, vous, la merveille de rOpéra , et la Taglioni de Loudres , vous aves , comme disait Talma dans une comédie française, je ne sais plus laquelle, vous avez, pop nous enivrer, des moyenç bien plus sûrs.
GEORGINA
Jl para}t que totit votre esprit est exporté de France.
DARSIB.
Comme le Champagne, et je les fais venir tous les deux en bonteities.
QMirmant, diarmaqtl...
DARSIE.
M*egt-ce pas? je ne me »w jamais senti plus en verve qu'aujourd'hui , et puisque le dessert est le moment des indiscrétions , il faitt que je fasse part à mes amis de mon bonheiu*.
GEORGINA
Je vous le défends.
DARSIE.
Ça m*est ^. Il y a un opéra français qui dit : Le bonheur est de le répandre. Moi, jesoutiens que le bonheur c*est de le dire , de le dû*e à tout le monde; sans cela» autant s'en passer.
GEORGINA
Milord , je vous priç de vpns tahre.
DAB8IE , te levant.
Impossible, me voilà à la tribune, et Je parlerai; Je vous apprendrai, mes cbers amis, que moi , Arthur Darsie , marquis de Clifford et pair d'Angleterre , j'épouse secrètement , la semaine prochaine, la cruelle, l'indomptable miss Georgina, la Lucrèce de nos théâtres, et je vous invite tous à la noce.
TOUS , te leranU
Userait possible I...
( Murray , Georgina , Danie, for le devant de la loène; an de» Lords «'agned rar le canapé , an antre va I la table à gauche et s*amase I regarder des gravures. Les donteatiquet enlèvent la table. )
DABSIB.
Hein ! quel bruit ! quel éclat dans le grand monde ! Mais il est si difficile maintenant de faire parler de soi, qu'on est trop heureux de trouver une pareille occasion... Si lord Byron y avait pensé , il n'aurait pas manqué ceUe-là , parce que , vrai , il n'y a rien de bon genre comme une mésalliance.
GB0B6INA , fièrement.
Une mésalliance! vous allez me donner de Pamour-propre ; je ne croyais pasdéchoir en vous épousant.
( Le» Lords rient. ) DABSIB , les regardant.
Qu'est-ce qu'eUe dit?
6B0BGINA.
Je vous ai promis de descendre Jusqu'à vous, de renoncer à être artiste pour devenir marquise ; nuus c'était à des conditions.
DABSIB.
Que Je n'ai point oubliées. Si , pendant un an , vous ne trouvez personne qui vous ait plu, vous devez me donner la préférence.
6B0BGINA.
L'année n^est pas encore révolue.
DABSIB.
Il s'en faut de quatre ou cinq jours... c'est tout comme...
(Le Lord qoi,était assis sor le canapé se lève, et va causer
tout bas avec oeloi qui est auprès de la table.)
A» : Du partage de la richeste.
Vous ne serez pas rigoareose. Et je me fie à vos serments ; Car on doit, quand on est danseuse.
Tenir à ses engagements.
GBOBGINA.
Les danseuses sont si frivoles!
Prenes-y bien garde.
DABSIB.
Hestelalr Qu'on ne doit pas compter sur leurs paroles : ( Auxdeox Lords qui sont k gancbe. ) Ce sont des paroles en Pair.
GEOBGINA.
Je n'ai qu'à aimer quelqu'un, et, Dieum'enest témoin , je le voudrais.
DABSIB.
Vous! aimer quelqu'un! Vous en êtes inca* pable.
GBOBGITfA.
Alors, pourquoi tenir à m'épouser?
DABSIB.
Parce que, comme toute la belle Jeunesse de Londres, je vous aime , j'en perds la tête, etfai Juré, mieux que cela , j'ai parié que vous seriez à moi d'une manière ou d'une autre, et comme, d'une autre , il n'y a pas moyen...
GBOBGINA , avec fierté.
Milordl
DABSIB.
Allons ! vosirands airs ! on sait bien que voos n'êtes pas une danseuse comme une autre. Vous menez de front les pirouettes et la verm, ce qui est abusif, parce que , si cela gagne une fois, où en serons-nous?
TOUS
U a raison.
GEOBGINA , souriant.
Que voulez-vous, Milord I ce n'est pas ma faute.
DABSIB.
C'est peut-être la nôtre I
GBOBGINA.
C'est possible. Contre qui al-je eu à me défendre? Voilà deux ans que je traîne à ma suite des milliers d'adorateurs, depuis les coulisses jusqu'au foyer, depuis mon antichambre Jusqu'à mon boudoir, et, dans cette foule bigarrée, dont la fatuité est l'uniforme, j'ai cherché des yeux qd je pourrais aimer ; je suis encore à le trouver.
DABSIB.
Preuve que je suis le seul» et conune Je voos le disais...
GEOBGINA.
Quel est ce bruit?
DABSIB.
Ma voiture qui vient nous chercher; car nous allons à Hyde-Park. Je compte sur vous pour b noce.
TOUS
Approuvé.
GHOEUB.
Air : En bont nUliiairei (de Fui DuvoLO). Da doux mariage
Qui bientôt | f^m^ \ l'engage ( Je vous préviens tons.
( Il nous prévient tous.
( Je compte sur vous.
( 11 compte sur nous.
Comptes sur mon séle»
Le plaisir m'appelle;
LE QUAKER ET LÀ DANSEUSE
J'y serai fidèle.
Le plaisir m'appelle.
Le plaisir noas appelle.
GEOHGINA, pré» deU fenêtre I gaoche.
Mais écoutez donc, j^entends du bruit, des cris, un rassemblement.
DABSIB.
Quelque divertissement populaire, un ministre dont on casse les fenêtres.