SCÈNE in
Les Précédents, VARINVILLE.
DESTAILLIS.
Eh I le voici , ce cher neveu.
Oui, mon respectable onde... (à Judith) ma beUe tante... (à Corinne) ma jolie cousine... il me manque quelqu'un; il parait que voire mari, notre aimable chambellan , est encore à la chasse.
CORINNE
Oui, Monsieur.
TARINVILLE, à Oscar.
Heureusement qu'il nous reste notre Jeune cousin.
MADEMOISELLE JUDITH
Et VOS chers parents que nous attendons depuis un mois, à quelle heure arrivent-ils? en avezvous des nouvelles?
VARINVILLE.
D'assez tristes; le comte de Varinville mon père est indisposé , et ma mère est restée près de son épouv aûn de le soigner.
DESTAILLIS.
C'est trop juste ; mais vos autres parents, votre oncle de Bordeaux ?
VARINVILLE.
U est à Paris.
MADEMOISELLE JUDITH
La vicomtesse et son fils?
VARINVILLE.
Us sont à Toulouse.
Je les croyais en route pour venir assister à votre mariage; vous nous l'avez dit.
VARINVILLE.
Oui , sans doute; mais Dieu sait quand ils arriveront; et dans l'impatience où je suis, je crois que nous pouvons toujours procéder , dès ce soir, à la signature du contrat, demain à la célébration, et ainsi de suite.
DESTAILLIS.
Y pensez-vous, mon cher ami? nous faire une proposition pareille? je ne voudrais pas l'accepter pour tout l'or du monde.
VARINVILLE.
Et pourquoi donc?
DESTAILLIS.
C'est faire un afih>nt à votre famille de ne pas l'attendre.
OSCAR
Et puis, je n'y pensais pas. Ce proverbe que j'ai composé pour elle , je ne peux pas le jouer pour vous seul. Et ma cousine , la muse de la famille, qui vous préparait aussi quelque chose.
CORINNE
Oui, je comptais vous donner une improvisation. J'ai entre autres, sur la bénédiction paternelle , tme tirade à efTet.
VARINVILLE.
Mon père n'y sera pas.
CORINNE
Raison de plus pour réclamer la présence de votre oncle ; c'est de rigueur.
« Second père d'un flis dont le père est absent, » De la nature en deuil auguste remplaçant... »
Comme cela , je pourrai m'en tirer; mais vous voyez qu'il me faut un oncle, ou an moins une tante. N'est-ce pas , Nathalie ?
NATHALIE
Si ma famille l'exige...
D£STAILL1S.
Sans doute.
Am de Voltaire chez iVtnofi.
Ils auraient droit d'être surpris, El de nous Taire des reproches; Je veux ici voir réunis Tous vos parents et tous tos proches.
Pour moi , tant qu'ils seront absente , Au mariage je m'oppose.
NATHALIE, à ptrt.
Mon Otirte à raison... les parents Servent souvent à quelque chose.
Mais...
DESTAILLIS.
Nous VOUS laissons à vos affaires. Moi qui n'en ai pas , je vais m'inslaller dans la petite tourelle , celle qui donne sur la grande route de Paris ♦ et à chaque voilure... Comment voyage votre oncle?
VARINVILLE.
En landau; un landau jaune*
DESTAILLIS.
C'est bien.
Air de la icaUe de Robin det boit.
Par bonheur le temps est superbe, Je vais m'élablir au donjon.
CORINNE, à Oscar.
Allez composer un proverbe.
OSCAR, à Corinne.
Allez invoquer Apollon.
VARINVILLE , à Nathalie.
Vous, à l'amant tendre et lidéle, Que vient de frapper cet arrêt , Penscrez-vous, Mademoiselle?
NATHALIE, baiaiaot les yeui.
Si ma Tamille le fterniel.
ENSEMBLE
Par bonheur le temps est superbe, etc.
DBfiTAILLIS.
Je cours m'établir au donjon.
Toi , va répéter ton proverbe ; Toi, cours invoquer Apollon.
OSCAR et CORINNE; Allez observer au donjon , Vous , répéter votre proverbe j Vous, invoquer votre Apollon.
( Ils sortent. )