‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 355 sur 756 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

DORSINI, JULIA.

DOBSnVI , entrant par la porte à droite de U cheminée. ( A la cantonade. )

C'est bien , c'est bien.

JULIA, allant à lui.

Vous, Monsieur, dans ces lieux?

DOBSINI.

Il le faut bien, puisque c'est id, chez elle... quelle audace ! quelle impudence !... que l'on ose me donner un rendez-vous.

JULIA

Et qui donc?

DORSINI.

Ce Français , ce lâche qu'aujourd'hui j'ai attendu vainement au bord de l'Amo.

JULIA

M. Frédéric? Ne l'accusez pas; des spadassins l'ont enlevé, conduit dans ce château !

DORSINI.

Des spadassins?

JULIA

U est condamné...

DORSINI.

Condamné!... mais, Julia, on vous a trompée... quelle loi, quel tribunal aurait ce droit? excepté moi qu'il a outragé , qui donc pourrait en vouloir à ses jours?

JULIA

Qui ? celle qu'il a calomniée , dont par son indiscrétion il a détruit pour jamais le repos et le bonheur ; et le plus cruel de tout cela , c'est que ce n'est pas ma sœur, c'est moi qu'U aime, qu'il a toujours aimée , moi qu'il a demandée en mariage ; c'est moi seule qui devrais avoir des droits sur lui.

DORSINI.

Que dites-vous ?

JULIA

Oui , Monsieur, c'est moi; et là tout à llieure

encore, il me jurait... ( Regardant sur u table.) Que vois-je î une lettre de lui I (Biie Ut.) « Par suite » d*une faute impardonnable, condamné à perdre n la vie en pays étranger, n'ayant ici ni famille ni » amis, je suis forcé de supplier M, Dorsini de » vouloir bien être mon exécuteur testamentaire. »

DOBSINI.

Moi!

JXJLIA, continuant.

« Je lègue tous mes biens, et toute la fortune qui » me revient de mon cousin Durand, à mademoi- » selle Julia Manzoni ; que cette fortune , que » jVspérais partager avec elle , serve au bonheur » d'un autre; mais, quel qu'il soit, il ne pourra » jamais Taimer comme je Taimais... »

DORSIM.

Achevez.

JULIA , lui donnant la lettre.

Tenez , Monsieur , lisez vous-même.

DORSIM , lisant.

« De plus , je déclare sur mon honneur , et au n nom de toute la croyance qui est due aux der- » nières paroles d'un mourant, je déclare que » j'ai calomnié madame Lorcnzi ; j'ai commis ainsi » un mensonge indigne d'un galant homme. C'est ') pour l'expier que je vais mourir. »

( Laura eat entrée sur cette dernière phrase. )

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