DELPHINE , DE PRESLE
DE PRESLE , ngaxdant autoor de loi li personne ne peut Tentendre,
Personne....
DELPHINE
Non* Monsieur, et maintenant que ma sœur n^est plus là , et que je ne suis plus , comme vous le disiez, sous son influence, je vous répète de moi-même...
DE PRESLE, gaiement.
Que vous ne m'aimez pas.
DELPHINE
Oui , Monsieur ; qu'avez-vous à dire à cela?
Que je le savais, et que j'en suis enchanté.
DELPHINE
Eh hï&k ! par exemple...
DE PRESLE
Et maintenant que je n*ai plus d'espoir, je déclare à vous , mais à vous seule, qu'Anténor peut disposer de ma fortune ; moi qui ne suis pas son oncle , mais qui suis son ami, je rétablirai, je lui prêterai tout ce qu'il faut
DELPHINJL
Et tout cehi en ma faveur : c'est de l'hérobme. Pauvre jeune homme ! vous êtes donc bien amoureux de moi?
DE PRESLE
Pas du tout...
J>ELPHINE.
Qu'entends-jel
DE PRESLE
Eh quoi I à travers l'ambiguïté obligée de mes paroles, était-il donc si difficile de voir à qui elles' s'adressaient?
DELPHINE
A ma sceur. Eh bien 1 vrai , je m'en suis douti^e un moment; et si vous l'épousiez, que je serais heureuse !
n y atant d'obstacles.
DELPHINE
Je le sais bien.
DE PRESLE
Vous seule pouvez m'aider à les vaincre.
DELPHINE
Parlez, disposez de moi ; je serai si contente de &ire votre bonheur, celui de ma sœur !
DE PRESLE
Et celui d'Anténor...
DELPHINE
Les deux noces à la fois!.... Que faut-il &ire?
DE PRESLE
Déclarer tout haut, et sans hésitation, que vous m'aimez, que vous m'acceptez pour mari.
DELPHINE
A la bonne heure... Je préviendrai Anténor.
DE PRESLE
Du tout, je m'y oppose.
DELPHINE
Mais songez donc... Le tourmenter encore...
DE PRESLE
Tant mieux. J'ai besoin de sa rage et de ses fureurs ; ça entre dans mon plan d'attaque.
DELPHINE
Je lui dirai de gémir... de s'emporter.
DE PRESLE
D n'a pas assez de sang-froid pour cela ; et à la gaucherie de sa colère , votre sœur devinerait.. Enfin je ne veux que vous pour auxiliaire.
DELPHINE
Pauvre Anténor ! je ne pourrai jamais lui faire un pareil chagrin.
DE PRESLE
Alors , c'est que vous ne l'aimez pas , puisque c'est le seul moyen d'assurer son mariage et sa fortune.
DELPHINE
J^entends bien. Au moins, sera-ce long?
DE PRESLE
Le moins que je pourrai ; et si vous me secondez bien...
DELPHINE, avecefTort.
Me voilà prête.
DR PRESLE
Bien vrai, ma Jolie beUe-sœur?
ifZLPHINEf
Oui,
DE PBESLE.
Point de faiblesse !
DELPHINE
Non.
Air de Henaud de Montauban*
DE PRESLE
Commençons donc ; je les entends.
DELPHINE
Je tremble!...
DE PRESLE
Quel enfantillage!
DELPHINE* Vous le voulez?
DE PRESLE
Il le faut.
DELPHINE
J'y consens.
De le tromper ayons donc le courage l El puis , au fait , c'est pour son bien.
C'est trop juste , et combien de belles A leurs amants sont infidèles , Sans que ça leur rapporte rien , Sans que cela rapporte rien.