‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 420 sur 756 · SCÈNE XL · texte numérisé non relu

SCÈNE XL

EMILE ; HENRIETTE , sortant de rappartement à droite.

HENRIETTE

Gomment! Monsieur* est-ce quo vous partez?

EMILE

Oui , Mademoiselle, je suis obligé de vous quit* ter, bien malgré moi , je vous assure; mais une affaire indispensable...

HENRIETTE

Que l'on peut remettre* je l'espère.

ÉlfILB.

Je l'ai déjà remise une fois.

HENRIETTE

Raison de plus; vous voyez bien que vous pouvez la retarder encore... et mon père, et m... ma tante vous en sauront tant de gré.

EMILE

Et vous* Mademoiselle?

HENRIETTE « nalTeaieiit.

Moi aussi.

EMILE, avec embarraa.

Certainement... alors il me serait bien doux de vousobéir... mais peut-être ma présence déplaira* t-elle ici à quelqu'un qui tout à l'heure vous cherchait.

HENRIETTE

Qui donc?

EMILE

M. Hector, votre cousin, qui désirait, àce qu*il m'a dit , se trouver seul avec vous.

HENRIETTE, avee nalrea.

Restez, ça l'empêchera.

EMILE , à part, avec Joie.

Ah ! elle a raison !... je reste encore... Encore un instant de bonheur!... (Haut.) Vous ne Taimei donc pas?

HENRIETTE

Si fait, c'est mon parent.

EMILE

Et si , comme il me l'a annoncé , il avait Hdée de devenir votre mari?

HENRIETTE

J'aimerais mieux qu'il n'eût pas cette idée-là.

EMILE

Que vous êtes bonne !

Non , vraiment, c'est mal ; et je suis peut-être injuste envers lui... Mais je ne sais , quand il n'y aurait que cette précipitation à prendre la place d'un infortuné.

EMILE

Votre prétendu... vous le regrettes , Mademoiselle?

HENRIETTE

Oui, surtout à présent; pauvre jeune homme! comment ne pas plaindre sa destinée !

EMILE

Je serais plutôt tenté de l'envier; car enfin, moi, à sa place, vous m'accorderiez aussi un regret..

HENRIETTE , Tivement et aTec frayeur.

Mais , je ne veux pas vous regretter.

EMILE

Gomme lui.

HENRIETTE, d*an ton de reproche*

Lui... quelle différence !... je ne le connaissais pas.

EMILE

Mais moi, vous ne me connaissez pas dâTantage.

HENRIETTE

Si,vraiment;tout à l'heure M. Gauthier, Fonde du malheureux... M. Gauthier m'a parlé de vous avec tant de chaleur et d'intérêt , qu'il en avait presque oublié la perte de son neveu.

EMILE

Vraiment !

HENRIETTE

Bt moi qui ce matin le prenais pour on ccrar insensible... c'est un parfait honnête homoie, qui vous connaît bien , qui nous a vanté voire bon cœur , votre esprit , vos talents ; il nous a même

UNE MONOMANK.

fiaiié de votre fortune» ce qui ne nons regarde pas, et ne nous importe guère.

EMILE, à ptrt.

Mon pauvre onde !... il a avancé mes affaires.

HENBIETTS.

Enfin, il a été jusqu'à me dire qu'après son neveu I vous éties le seul au bonheur duquel il voulût s'intéresser; et qu'il transporterait désormais sur vous toutes ses espérances , tous ses projets.

PREMIER COLPLET.

Air : du Bouqvei de bal {do madame Dcchambge). Et TOUS l'écoutiez sans colère.

Quand il formait de pareils vœux!

HENRIETTE , baiuuit les jeoju Mais c'est un ami de mon père , C'est le mien.

EMILE

Je sois trop heureux!

Le sort n'a plus rien qui m'effraye.

Que sur moi maint railleur s'égaye!

Au lieu de mourir pour eux, Vivre pour elle vaut bien mieux.

ENSEMBLE

EMILE

An lieu de mourir pour eux , Vivre pour elle vaut bien mieux.

HENRIETTE, à part.

A Tespoir qui brille en ses yeux.

Moi je crois comprendre ses vœux.

DEUXIÈME COUPLET

HEIfEIETTE.

Mais qn'tvez-vous donc, Je vous prie?

EMILE

Plus Je regarde tant d'attraits.

Et plus J'abjure ma folie...

(A part.) Qoe de bonheur j'abandonnais !

J'allais, pour de vaines alarmes, A d'autres laisser Unt de charmes...

Non... loin de mourir pour eux.

Vivre pour elle vaut bien mieux.

ENSEMBLE

An Uea de mourir pour eux. Vivre pour elle vaut bien mieux.

HENRIETTE

A retpoir qui brille en ses yeux , Moi Je crois comprendre ses vœux.

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