‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 425 sur 756 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les PbÉCÊDENTS; GAUTHIER, u entre pâle et défait, jeite un regard aur Emile , qui baine lea yeux , et reste consterné.

HENBIETTE.

Ahl Monsieur! Dieu soit loué!... Vous voilà... qu*est-il donc arrivé?... et votre neveu ?

6AUTH1EB, firoidement.

Je n'en ai plus.

TOUS 9 excepté Emile.

0 ciel!

HENBIETTE.

Malheureux jeune homme !

6AUTHIEB.

Tous nos liens sont brisés ; je devais Poublier, je Tai fait, n'en parlons plus.

MADEMOISELLE MAUGIBON*

Si peu de sensibilité !

GAUTHIEB.

Et pourquoi en aurais-je plus pour lui quil n'en a montré pour moi?... S'est-il inquiété de la douleur que me causerait sa perte?... A-t-il songé qu'il me laissait seul au monde, sans appui , sans consolations? Heureusement, j*ai du courage, moi ; je ne suis pas un lâche , je sais supporter les revers, même sans les avoûr mérités.

HENBIETTE , à Emile qui eache aa tête dans sea maina.

Ah! cela vous émeut!... cehi vous fait rougir!... c'est bien heureux.

MAUGIBON.

Qu'y a-t-il donc ?

HENBIETTE, & Gauthier.

Que votre neveu n'est pas seul coupable ; car voilà monsieur, que vous aimiez, que vous estimiez... £h bien ! tout à l'heure nous l'avons arrêté au moment...

MADEMOISELLE MAUGIBON.

Oii il allait en faire autant.

MAUGIBON.

Lui aussi ! est-il possible ! Ah çà ! mais se tuer va donc devenir la fureur de la jeunesse actuelle ? elle ne pourra plus vivre sans cela !

MADEMOISELLE MAUGIBON.

Gomme en Allemagne, une association pour le. ..

HENBIETTE , avec une émotion exceiaive.

Quelle horreur ! et dans quel temps vivonsnous ? partout des images de sang et de désolation ! n'entendre parler que de meurtres ! Ah ! c'est trop, mon cœur se soulève , je souille, j'aurais besoin de pleurer.

GAUTHIEB • la prenant aur aon cœur.

Venez, mon enfant, venez... vous, du moins, vous êtes bonne et sensible... ce n'est pas vous qui voudriez, sans motifs, déchirer le cœur de ceux qui vous aiment

HENBIETTE, étonnée.

Sans motifs!...

GAUTHIEB.

Oui, car mon neveu n*en avait aucun. Lisez, lisez plutôt vous-même cette lettre, oii il m'annonce de sang-froid qu'il est revenu à son premier dessein.

HENBIETTE, prenant le papier.

Ah ! mon Dieu ! (Begardant Emile.) Écoutez, Monsieur, écoutez bien.

OEUVRES GOMPLfiTES DE SCRIBE.

(Liant.)

« Mon bienfaiteur , mon second père»

« Après Téclat qui a suivi ma folie , Je ne poor- » rais plus m'offrir sans honte aux yeux de celle » que j*aime... vivant, je serais ridicule à ses » yeux; mort, elle me plaindra peut-être, et elle » se dira du moins qu'elle n'avait pas distingué » un lâche... Adieu, pardonnez-moi, et parlez-lui » quelquefois d'un insensé qui meurt en faisant » des vœux pour elle et pour vous. »

GADTHIER.

Des vœux pour moi ! quand il me brise le cœur.

HENRIBTTE.

Quoi! ce serait là Tunique motif?... Pauvre Jeune homme I et comment Juge-t-il celle dont il se croit aimé? Elle aurait donc bien peu de délicatesse pour se plaire à lui rappeler un souvenir affreux.

ÉMILB, & part.

Qn*entends-Je! (Haut.) Ëhquoil Mademoiselle, dans une position semblable , vous ne le mépriseriez pas? voas l'aimeriez encore?

HENRIETTE , arec émotion.

Cent fois davantage ; Je lui dirais : « Veneas à mes pieds chercher votre pardon. »

ÉMILB , tombant à let genoox.

Ahl m'y voilai

HENRIETTE

Dieu! que vois-jel

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