‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 476 sur 756 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

MiSTRISS CARINGTON, li.aDtunjourn.I; PRETTY et INDIANA, occupées i travailler auprès de la table , k gauche; CAMILLA, près du guéridon, adroite, dessinant.

PRETTY

Je te préviens, Camilla , que si lu ne commences pas à t*occuper de ta toilette , tu ne seras jamais prête pour le bah

Peu m'importe ! je n'irai pas.

MISTRISS CARINGTON.

Comment ! vous n'irez pas au bal?...

INDIANA

Une réunloâ où sera la plus belle société du comté!

PRETTY

Et pour quelle raison ?

MlSTRlSS CARINGTON.

Ou plutôt, quel caprice ?

CAMILLA

Je ne me porte pas bien, je resterai...

UISTRISS CARINGTON.

Comme vous voudrez, MaderooiseUe , c^est déjà bien assez d'y conduire ma fille et ma oièce, sids avoir encore ma pupille à surveiller... Je me rappelle le dernier raout où nous avons assisté, quatre femmes ensemble I

PRETTY

Vous aviez l'air d'une maîtresse de pension...

MISTRISS CARINGTON.

Vous , Pretty , on ne vous demande pas votre avis. Mais il est de fait que, pour être assise, en vue , sur la première banquette, c'est difficile de tiouver quatre places...

PRETTY, i demi-Toix.

Surtout quand on en tient cinq I

UISTRISS CARINGTON.

Qu'est-ce que c'est?

PRETTY

Rien, ma tante... j'achevais ma garniture... je suis de votre avis.. . au bal comme ailleurs, il fast toujours être au premier rang.

INDIANA

C'est le seul moyen de trouver des danseurs.

ïiiir'L^AJia*©.

J£ RlSPECT'l Voa âKCSJETJI UAnS^UQÎfiFJJ^E:

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Camilu.

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PRETTY

Et, par suite, des maris.

INDIANA

Od pense bien à cela.

PRBTTY.

C'est-à-dire qu'elle y pense toujours.

INDIANA

Pas tant que vous , Mademoiselle.

PRETTY, ae leraut.

Voil... cela m*est bien égal!... j'attends tranquillement le retour d'Edgard, mon frère et mon tuteur ; alors je Terrai à me décider. . . mais , d'id là, rien ne presse.

INDIANA

Tu dis cela, parce que tu es riche, et que je ne le suis pas; mais n'importe, on verra qui de nous deux sera mariée la première.

MISTRISS GARINGTON.

Indiana!...

INDUNA.

Oui , ma mère , ma cousine est d'une présomption... on n'y tient plus...

( Elle se lève , et vient auprè» de Pretty . ) Air : // n'eti plu$ temps de nous quitter. Voyez quel orgaeil est le sien; Qui peut donc la rendre si fiére?

Sa dot, ses terres?... j'en convien.

C'est beau d'être riche héritière.

On peut n'avoir ni bonté , ni talent, Lorsque Ton a de la fortune.

PRETTY

Alors on doit, c'est plus prudent, Vous conseiller d'en avoir une.

MISTRISS GARINGTON.

Mesdemoiselles!...

INDIANA

Certainement nous ne sommes pas aussi riches que tous; il s*en faut... mais il n'y a pas encore dans le comté beaucoup de maisons plus à leur aise que la nôtre.

MISTRISS GARINGTON.

Non , certes.

INDIANA

Et parce que nous n'avons que cinq cents livres sterling de rente, nous n'en sommes pas plus ûères avec Camilla , qui n'en a que cinquante.

GAMILLA , cootiouaot à dewiner.

Vous êtes bien bonne...

MISTRISS GARINGTON, se levant.

Vous avez raison, ma lille; parce que ce n'est pas sa faute si elle est orpheline , si elle n'a rien , et si son frère Lionel est un petit fat et un mauvais sHjeu

GAUILLA.

Eh mais ! Madame , vous avez une manière de nous défendre...

PBETTY.

Tout i fait injuste; moi, Je prends parti pour

Lionel , que je trouve fort aimable et de très-bon goût.

INDIANA

Parce qu'il vous fait la cour.

PRETTY

Et qu'il ne vous la fait pas*

INDIANA

Parce que Je n'en ai pas voulu.

PRETTY

Et quand vous le voudriez.

INDIANA

Eh bien ! par exemple , e'est ce que nous verrons.

MISTRISS GARINGTON , panant entre Pretty et Indiana.

Silence , Mesdemoiselles , silence ! qu'est-ce que c'est qu'une discussion pareille?

INDIANA

Parce qu'elle a de la fortune, elle se croit te droit de faire de l'esprit.

PRETTY

Parce qu'elle a de l'esprit, elle se croit le droit de ne dire que des bêtises.

INDIANA , outrée.

C'est trop fort*

MISTRISS GARINGTON.

Encore !... silence ! vous dis-je , on vient.

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