SCÈNE V
Les Pbécédents; TORIGNI, HORTENSE.
HOBTBNSE , entrant en caoaant avec Torigni.
Oui , Monsieur, j'en aurai la migraine; me lever de si bonne heure!...
TORIGNI.
A onze heures passées...
(Pendant que madame de Simiane va aa-derant de Tor^si,
Thémine pa»»e auprès d'Edouard.)
MAD4ME DE SIMIANE, k Tori^i et à Horlenae.
Bonjour, mon cher oncle... bonjour, ma jolie tante...
HORTENSE
C'est charmant d'être tante quand on est plos jeune que sa nièce... Non , ne vous fâchez pas, da même âge... je le dis partout, parce que cela me vaut une foule de compliments... qui sont toujours les mêmes, et qui me font toujours plaisir...
Quoi! madame est tante peut-être grand'-
tante!... Ëh mon Dieul... cela ne tardera peatêtre pas... ( a madame de Simiane.) Cela dépend de
vous... (Se retournant et apercevant Thémiae qui joMiae- U s'est tenu à Técart près d'Édoaard, eUe poosse os cri.) Âh I (EUe se reprend, lui fait froidement la révéreoee,el 'avance gaiement près d'Edouard. ) MODSleUT ÉdOOard. (Se retournant et s'adreisant à madame de Simiane.) EX
VOUS ne médites pas que vous attendiez du monde. ( Saluant. ) Grâcc au ciel , les vacances sont finies, et j'espère que nous vous recevrons cet hiver.
TORIGNI, à part.
Quel empressement!... (Haut.) U me Ta bien promis.
HORTENSE
L€ général y compte, il vous aime beaucoup, et je suis si coutente de l'entourer de ses amis !...
EDOUARD , qui est passé auprès d'Hortense.
En voici un que je vous présente, M. Bonneval, mon père.
HORTENSE
Que j'ai grand plaisir à revoir. Et votre aimable Henriette, comment va-t-elle?
BONNEVAL
Je n'en suis pas content., elle est souffrante, elle est triste.
HORTENSE
Vous neravez pas amenée avec vous à Paris?...
Non , elle a voulu rester à DUon.
THÉMINE , i part.
Ah!... je respire...
TORIGNI.
Nous irons la voû* en passant, en retoaroant à ma terre...
HORTENSE, étoardimeat.
Oui , mais Kprès rhiver.,, le plus tard pomUe;
LES MALUEUKS D'UN AMANT HEUREUX
je n'aime pas la campagne, (cette de Torigni.} Si , Moasleur, je raimerai si cela peut vous faire plaisir... je Taime déjà, aujourd'hui surtout ; et quoique je ne sache pas encore pourquoi madame de Siffliane nous a convoqués si solennellement...
TORIGNI.
Elle va nous rapprendre... je Tespère.
MA.DAMK DE SIUUNE.
Pas tout à fait encore ; je puis cependant vous dire la moitié de mon secret, et vous avouer que Je vais me marier aujourd'hui môme.
HOaT£>S£.
Est-il possible!
TORIGNU
EDe a raison.
HOBTENSE.
Et moi, je ne le lui conseille pas. Qu'est-ce qu'elle peut désirer? elle est veuve...
TORIGM.
Eh bien !••. par exemple!...
houtense.
Je voulais dire... elle est libre, elle est riche, et si elle me demandait mon avis...
MàDAME DB SIMIANE.
C'est pour cela que j*ai convoqué ma famille.
HORTENSfi , regardaol Thémine et Édouwd.
Mais ces messieurs ne sont pas de votre famille. Comment alors se fait-il...
TORIGNI.
Je devine ; l'un d'eux est le prétendu...
DOETINSB, TiTement.
S'il était vrai I... ( courant à madame de Simiaae. )
Lequel , Amélie , lequel de ces messieurs?
MADAME DE 8IMIANB , touriaot.
Eh mais ! vous êtes bien curieuse , et sans manqaer, ma chère tante , an respect que je vous dois , Je ne vous dirai que tantôt, avant dtner, lequel de ces messieurs sera mon mari.
BONNEVAL, aounaat.
D'abord, et malheureusement, ce n'est pas moL
MADAME DE SIMIANE, d'un air aimable.
Qu'en savez-vous? Je n'excepte personne.
HORTENSE, à part.
Je comprends, et la présence du père en ces
lieux me dit assez... (vivement l madame de Si-
fliiaae.) Vous avez ralaou , je vous approuve, TOUS ne pouviez faire un meilleur choix... si bon , si aimable ! A votre place , j'aurais fait comme vous , car j*ai toujours eu un faible pour
TORIGNI.
Et pour qui donc?
HOBTBNSE , revenant auprès d*Édoaard.
Peur M. Edouard; je le dis devant lui. quoi
qu'il arrive , mon amitié lui est acquise , et je n'oublierai jamais...
TOaiGNI , vif emeot.
Quoi donc?
HORTENSE
Que, puisqu'il y a une noce, il doit y avoir un bal, et nous danserons ensemble ce soir. (a Torigni.) Oui , Mousieur, vous avez beau faire la moue , nous danserons : vous nous regarderez , cela vous amusera. On croit mon mari jaloux , ce n'est pas vrai. On lui a fait une réputation qu'il ne mérite pas. J'ouvrirai le bal avec M. Edouard.
TORIGNI.
Y pensez-vous?
HORTENSE
C'est de droit ! la contre-danse des grands parents. Monsieur de Thémine , vous viendrez m'inviter pour le premier galop. Peut-être que je vous refuserai. C'est égal , venez toujours. Et puis j'ai à causer avec vous , une querelle à vous faire.
TORIGNI.
Et sur quoi?
HORTENSE, froidement.
C'est mon secret. Si nous profitions de la matinée pour faire un tour de parc ?
TBÊHINB, i Edouard.
Débarrasse-moi d'elle, je t'en prie.
TORIGNI , regardant Edouard qui oauM avifc Tbémint.
Encore ce jeune homme, et Thémine saurait* il?... serait-il son confident ? J'observerai... Air : Bl vous, sui belle fUle ( du Skriieit ). Suivons celle jeunesse ; (a Booneval.) Nous représenlons la sagesse...
Prenez mon bras !
BONNEVAL
Ab ! de grand cour !
(a part, montrant Thémine.) Le générai e( lui me font trembler de peur l
BMSEIIBLB.
Allons, la matinée est belle; Parce soleil pur ei brillant.
Parcourons ce séjour charmant !
MADAME DE SIMIANE
A mes serments je suis fidèle ;
(Regardant Thémine.) Et j'espére qu'en ce moment De moi Ton doit être content 1
EDOUARD , offrant aon bras à Horteose.
Madame me permettra-t-elle...?
J'ose ici réclamer ce droit...
HORTENSE, accepUnt avec peine.
Mais oui , Monsieur!
(Regardant Thémine à part , et avec dépit.) Le maladroit !
mSBIlBLB.
TORIGNI.
Ayons toojoiirs les yeox sur elle ; Époui attentif et prudent , Ne les quittons pas un instant !
THftUlNB , regardant Edouard. De l'amitié parfait modèle, En s'emparant d'elle il me rend Un grand service en ce moment !
BONNETAL.
J'éprouYe une frayeur mortelle !
D'elTroi, rien qu'en les regardant, Moi , je me sens toujours tremblant l
HOBTENSE et ÉDOUABD.
Allons , la matinée est belle; Par ce soleil pur et brillant.
Parcourons ce séjour charmant.
MADAIIB DE 8IIIIANE.
A mes serments je suis fldéle ! etc.
(Uf aortent tout, eicepté Thémine et madame de Simiane.)