DB YARADES
Croyez-vous, Madame, qu'on doive risquer son avenir sur une espérance aussi frêle , aussi légère?... croyez-vous qu'on puisse s'enchatner ainsi, etpour la vie, à un cceur qui, peut-être, ne comprendra jamais le vôtre ? Quel supplice de tous les jours , de tous les instants, de vivre sans amour , sans sympathie , près d'un être qui ne sait pas lire dans votre pensée!... dont le caractère âpre et froid refoule au fond de votre ftme tousces sentiments si doux, si tendres, qui cherchent à s'épancher , et qui ne sont alors qu'un malheur deplnsl
AURÉLIE, entraînée.
Oh I oui , je le sens comme vous, ce doit être aifreux !... pour une femme surtout., créature faible , sans défense , forcée de baisser les yeux sous les regards d'un maître qu'on lui a donné , de subir ses brusqueries , ses caprices, ou d'aller se briser contre vos lois !... Ah! si vous saviez...
M. DE YARADES.
. Eh bien 1 Madame , achevez.
AURÉLIE, leremetUnU
Mais non, vous serez heureux, vous... libre dans votre choix, vous trouverez un cœur qui vous comprendra , une amie.
If. DB YARADES, TÎTement.
Ah ! voilà ce que je demande, une amie, une
sœur à qui je puisse, confier mes secrets, mes espérances... qui ait des larmes pour tous mes chagrins, de la joie pour tous mes plaisirs!... L'amitié d'une femme rassure, console, et n'égare jamais !... Une fois , une seule fois, j'ai cru l'avoir trouvée, id, dans ces lieux où le cœur le plus tendre s'ouvrait au mien , où nos âmes , qui s'étaient devinées , échangeaient entre elles des promesses de confiance et de bonheur!... et ces promesses, si on les tenait comme moi, ah! jamais rien ne viendrait nous séparer.
Air de Coraly, J'ai Juré de Taimer, je l'aime...
Gomme un frére , comme un ami ; Et si j'étais aimé de même.
Son cœur ne serait point trahi.
Vous voyez... mon sort dépend d'elle, D'un seul mot*... faut-il , entre nous.
L'oublier, lui rester fldéle?
Répondez!... que me conseillez-rous ?
Parlez, parlez... que me conseillez-vous?
AURÉLIB.
Moi ! VOUS conseiller ! comme si votre bonheur dépendait de moi!...
M. DE YARADES.
Pouvez-vous en douter?... et d'abord ne me refusez pas le plaisir d'être votre cavalier ^ ce soir... ah! vous me l'avez promis!...
AURÉLIE
Vous croyez?...
M. DE YARADES.
C'est la première grâce que vous demande un ami.
AURÉLIE
Un ami , bien vrai ?... j'irai...
M. DE YARADES.
Ahl Madame!