‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 562 sur 756 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

AURÉUE, ensuite M. DE VARADES.

AURÉLIB , seule.

Oh ! qu'il m'a fait souffrir 1... Je n'ai jamais éprouvé ce que je sens là... Zoé... Oh 1 c'est on supplice que je ne puis supporter plus longtemps!... (GoarintàUportedQcakbioet.) MOUSieUr!...

Monsieur !...

M. DE TABADES » venant à elle avec empreaement.

Auréllel... enfin vous êtes seule, je puis tomber à vos pieds...

AURÊLIE, reculant.

Aux miens ! prenez garde « vous vous trompez.

M. DE VARADES

Qu'est-ce donc?... d'où vient ce trouble ?...

AURÉLIE

Vous me le demandez... vous qui n'avez pénéti*é jusqu'à moi que pour me tromper; qui, tout à l'heure encore, me juriez un amour... ah ! j'en rougis de honte ! un amour dont une autre était l'objet

M. DB VARADES

Madame...

AURÉLIE

Je la connais... une jeune fille dont vous avez égaré la raison par ce langage , ces serments peutêtre qui ont ^aré la mienne I... une malheureuse que vous me donniez pour rivale , à moi !. .. Zoé , ma femme de chambre !... ah ! Monsieur t...

M. DE VARADES

Aurélie !... ah ! je vous en supplie , au nom de mon honneur , du vôtre , cahnez ces transports jaloux...

AtRÊLiB.

Jaloux !... eh bien, oui!... Vous avez arraché de mon âme une paix que rien, jusqu'à vous, n'avait troublée. J'étais heureuse , ou plutôt j'étais soumise à mon sort, résignée à souffrir , mais pure, mais tranquille du moins... C'est alors que vous m'avei entourée de pièges, de séductions... Mon faible cœur^ qui n'a jamais trompé, pou-

vait-il croire à la trahison?...!! s'abandonnait a?ee conûance à ces charmes enivrants d'na langage nouveau pour lui ; je croyais à ¥00*6 franchise « à votre tendresse... je vous aim'ais enfin !...

M. DE VARADES

Vous... ô ciel 1...

AURÉLIE

Oui, je vous aimais; c'était mon premier, mon seul amour... Je puis l'avouer à présent, cartoos m'avez rendue à moi-même.

Air nouveau ( musique de M. Hoemillc ).

PREMIEli COUPLST.

Vous m'avez rendu tons mes droits, Mon repos, monindifTérence; Aussi , j'en conviens , Je vous dois Uoe grande reconnaissance.

Car, grâce à ce soin complaisant, Dont mon honneur vous remercie, Je ne vous aimai qu'un moment.

Je voua hais pour toute la vie.

DEUXIÈME COUPLET

M. DE VARADES

Ah! )e ne puis encore, hélas!

Croire à ce que je viens d'entendre.

Et de vous mon cœur n'osait pas Espérer un aveu si tendre.

Je bénis un ressentiment Dont mon âme vous remercie...

Et pour moi Terreur d'un moment Fera le bonheur de ma vie.

AURÉLIE , étonnée.

Que, grâce au ciel, ma ruse a réussi; et que ce Daniel , toujours attaché à vos pas conme un mauvais génie, pour vous eflDrajeretponrvotf épier...

AURÉLIE

Eh bien I

M. DE VARADES

n a fallu lui donner le change... et ilestpcfsnadê maintenant que je venais ici pour Zoé.

AURÉLIE

0 del I la compromettre 1

H. DE VARADES

A ses yeux seulement, et pour vous mm mais il se taira, j'en réponds, et ptas tard a» bienfaits pour cette pauvre enfant..

AURÉLIE

Zoé ! c'est donc ainsi qu'il a pu croire..* A*^ vous ne me trompez pas... non , non , c'est imp*" sible ; ce serait infâme , savez-vous?

M. DE VARADES

Moi , en aimer une autre?...

AURÉLIE, mcmcnt.

Non, je vous crois... j'ai besoin ae t^ croire... j*ai été injuste envers vous, qw J tragé, méconnu; mais aussi, j'étais si m reuse ! J'avais le cœur brisé. Moi qai n'*^ ^

LB GARDIEN

and in moiide« il fallait douter de luil le perdre « le haïr; c'était un supplice an-dessus de mes forces^ un mal afllreux, horrible, que je n'avais pas encore sehti... Ah ! c'est que je n'avais Jamais aimé...

M. DE tAHADXS.

Air : Aitiêi qu9 voué , je veux , MademaUelle,

AUBÉLIE.

▲h ! par pitié ! par grâce !

Ah!laissei-moi!

H. DE YARADES.

De TOUS dépend mon sort Ce mot , par qui tout mon crime s'efface,

Que de vous je l'entende encor.

Oui, cet aveu qui tous deux nous enchaîne.

Et que J'Implore dans ce jour, Je le devais tout à l'heure A la haine ,

Que je le doive à votre amour.

Que je le doive enfin à votre amour.

AURÉLIE

Oue me demandez-vous?... Savez-vous que de ce mot-là dépend ma vie tout entière ?... savez- T0U8 que ce mot est fatal à prononcer... que s'il était entendu par un autre que par vous , si j'étais trahie, il me perdrait, et vous peut-être avec moi... le savez-vous?

M. DE VABADES.

Etqulmporte!... mon sort n'est-il pas enchaîné au tien? doutes-tu de mon courage , Aurélie?.., Me crois-tu incapable de te suivre, de te défendre, de t'arracher aux mains d'un tyran ? Ah ! je tombe à tes pieds , ne me repousse pas... m'aimes-tu?...

( Il te Jette k lei geliooi. ) AVBÊLIE.

Ah oui !... je sois coupable... je vous aime 1

M. DE VABADES.

Aurélie !...

( Ktt ce aioaia&t parait Daniel k U ports du fond* qa*il a

Ouverte. )

AURÉLIE i tpercevsQt Daniel , et pooaant on cri.

Ahh.«

H. DE VABADES » se relevant.

Hderaitéttielè..*

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