SCÈNE XVI
Les Précédents ; ZOÉ , sortant de ta cha^hre.
DANIEL , courant à Zoé , qu*il pr«ad par la i
Venez... venez, Mademoiselle.
ZOÉ
Eh ! qu'est-ce donc ? qu'y a-t-il? de quûi i plaignez-vous?
DANIEL
Je me plams de ce que vous l'aimez... de ce qu'il vous aime... de ce qu'il veut vous épouser.
LE GARDIEN
KOÉ.
Mais talses-Yons donc , devant madame.
DANIEL* ?i?ttmeiit.
Peu importe à madame , qui ne vous en veut pas, qni vous pardonne; mais, moi, je ne pardonnerai ni à vous, ni à lui , car vous ne savez pas que, moi aussi , Je vous aime?...
ZOÉ , ▼iTement à M. de Varadet.
O de! !... quelle trahison !.•• et moi qui lui ai tout confié I...
AUBÉLIB, Tiremeni à Zoé.
Ehl quoi donc?... que savez-vous?..f il y a donc quelque chose?... parlez.
DANIBL , arrôUnt Anrélie.
Pardon, Madame; c^est à moi de Tinterroger.
ZOÉ
Et de quel droit , sll vous plaît ?
De quel droit ?••• ah ! voos ne voulez pas que je sois furieux, que je sols jaloux, quand je sais qu'il vous fait la cour !
M. DE VAEADBS.
Madame sait bien...
DANIEL
Depuis trois mois.
AUaÉLIB.
Depuis trois mois!...
ZOÉ
Eh bien 1 quand il serait vrai...
M. D£ VABADES, en col*re.
Monsieur!...
DANIEL
Vous Tentendez , Madame I et on veut que je me contraigne... quand elle a encore là , sur elle , une lettre où il la prie de céder à ses vœux , où il lui promet de Téponser !
M. DE VABADES , furieux.
C'en est trop 1
DANIEL , avec colèc«.
C'est cette lettre-là , Monsieur, dont je vous demande raison ; voilà Finjure dont je veux me venger.
ZOÉ , pleurant.
Eh ! est-ce que cela vous regarde?... vous ai-je jamais rien promis?... et est-ce ma faute, à moi, si je ne vous aime pas... et si je Faime... si j'en suis aimée ?...
M. DE VABADES, voulant la retenir.
Zoé...
ZOÉ, pleurant.
Non, Monsieur, il vaut mieux tout dire, tout avouer à madame , aussi bien , c'est d'elle que je dépends, et non pas de ce vilain jaloux. (Tombant max genoux d*AuréUe.) Oui, Madame, je suis coupable , que voulez-vous ? il m'aimait tant , il n'aimait que moi...
U. DE VABADES, foulant Tarrèter.
Zoé!...
ZOÉ
Puisque madame le sait, pourquoi le nier?..* pourquoi vous en cacher encore?... ;
AUBÉLIE,
Lui ! M. de Varades...
ZOÉ
Eh! ne l'accusez pas, il me disait vrai; il n'a jamais voulu me tromper, ni m'abuser,.. c'est l'honneur, la loyauté même ; il voulait m'épouser.. . il me l'a promis. (Lui donnant u lettre.) Teœx... tenez, voyez plutôt.
M. DE VABADES.
Je ne souflrirai pas...
ZOÉ , ae relevant.
Et moL.. je le veux , pour vous justifier à ses yeux , pour qu'elle vous rende son estime , et à moi son amitié. Oui, Madame, je ne partirai maintenant, et je ne l'épouserai , que si vous y consentez , que si vous m'en donnez la permission.
ADBÉLIE, froidement, aprèa na instant de silence, et après avoir encore regardé la lettre.
Ma permission, je la donne , Zoé , mais je doute que monsieur veuille en profiter ; ce serait supposer qu'il est digne de vous... (avec mépris) et je ne le pense pas...
ZOÉ
Gomment? Madame...
AUBÉLIE, froidement, & Zoé.
Laissez-nous, je vous parlerai plus tard.
ZOÉ , en s*en allant , à M. de Varades.
Soyez tranquille , nous nous marierons!... comptez sur moi , toujours.
(Elle rentre dans sa chambre.) M. DE VABADES , & Aurélie.
Un mot, seulement..
AUBÉLIE, avec dignité.
Sortez, Monsieur...
M. DE VABADES, bas fc Daniel en sortant
Je compte sur vous !...
DANIEL , de même.
Quand vous voudrez !... Vous ne partez plus maintenant.
8CÈNB XVII.
AUHËUE, DANIEL, pub JULIEN.
AUBÉLIE 9 le retenant.
Non , Daniel, non , vous n'irez pas !...
DANIEL, avec joie.
Qulmporte?... je puis mourir à présent.
AUBÉLIE.
Vous vivrez pour vos amis , pour Zoé , qui est encore digne de vous , et puisque vous l'aimez...
DAlfIBL, Croidemeiit.
Non, Madame, je ne Taime pas... Je n'aime personne ; mais j'ai vouln vous éclairer, vous 8aa?er, et c'est pour en avoir le droit que j*ai supposé des projets...
AUBÉLIE.
Pour me sauver... ah ! tous ne le pouvez plus... mon sort est décidé...
JULIEN , entrant mement.
La voiture de monsieur entre dans la cour.
Ah!... Je ne reparaîtrai jamais devant lui!...
DANIEL , à Julien.
Cest bien, c'est bien!... (joUen tort.) Allez le recevoû*. Madame... allez...
AUBÉLIE.
Moi!... mais vous ne savez pas... perdue, perdue sans retour! Je lui ai tout écrit , il sait tout, et dans mon délire , une lettre que je lui ai envoyée...
DANIEL , la tirant de ta poche.
La voilà...
AUBÉLIE.
Ma lettre!...
DANIEL
rai empêché Julien de partir, et sous prétexte
que votre mari aUait arriver, j'ai reprb cette lettre.
AïK: Un jeune Grec, Non pas pour lui, mais pour roos... la voici.
AUBÉLIE.
D'an tel ami j'ai mérité le blâme !
Pour me punir. Monsieur, donnes-la-lui.
DANIEL
Je ne le puis.... c'est le tromper... Madame: Dans cet écrit vous-même lui disiez Que la vertu n'était plus qu'un vain songe... Qu'oubliant tout, désormais vous n'étiez,
Plus digne de lui... Vous voyez
Que cette lettre est un mensonge.
AUBÉLIE.
Ah!... c'est à vos genoux...
DANIEL , la retenant.
Écoutez... écoutez la voix de M. de Bussières... c'est lui, aUez, Madame, allez.
AUBÉLIE.
Mon mari...
(EUe s'arrête un instant, essuie ses larmes, etaortpKdpi' tamment par la fond.)
DANIEL , seul.
Je la remets pure et chaste dans ses bras, (iw
une expression doulooreose.) 0 mOU biCDÊlitear !...
nous sommes quittes maintenant!
LE MOULIN DE JAVELLE
Représentée , ponr la première foii, a Paris, nir le théâtre da Gymnase dramatiqae,
le 8 juillet 1833.
En société avec M. Mélesville.
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yertimnagrf»
LE RÉGENT, sons le nom de M. François, commis aux aides. • '
L'ABBft DUBOIS, son ministre, sous le nom de M. Prndhomme.
BABBT, maltresse de François.
TOINON, maîtresse de Prudhômme.
La duchesse du MAINE.
PORTO-GABRERO» teeréUire da prinee de
Gellamare. ' IVAUBIGNY, officier.
VEBDIER , intendant du régent.
Autres Grisittbs', OpriciEES , Mousquetaieis , Valets.
JêM scène se passe en 1718 1 an premier eiote, an nionUn de Javelle i an deuxième,
an Pâleîs-aoyal.