‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 617 sur 756 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

Les Précédents, REYNOLDS, ALIX.

REYNOLDS , entrant vivement.

Ah t mon ami , mon cher Alcée ! Je sois désespéré, indigné, forieax.

ALCÉE, avec intérêt.

Et pourquoi donc?... qu*est-il arrivé?...

Que veux-tu? tous ces grands seigneurs sont tous de même ; ce duc d*Amheim... notre protecteur, je sors de chez lui , Je viens de le voir.

ALCÉE

Eh bien?...

REYNOLDS

Eh bien ! cette place sur laquelle tu comptais, il faut y renoncer... 11 Ta donnée à un autre, il me Ta refusée , à moi , qui la lui demandais...

ALCÉE , qui a pris son lorgnon et qui regarde Reynolds.

Pour toa propre compte, et non pour le mien.

ALIX

Ah! mon frère...

REYNOLDS

Qu'oses-tu dire?...

ALCÉE, lorgnant toojoork

Que c'est là, mon cher Reynolds, ce qui te désole en ce moment...

REYNOLDS

C'est une indignité!... quand tout à Theure encore , je me disais... Mon beau-frère...

ALCÉE , lorgnant toujours*

Est riche et n'a besoin de rien, tandis que moi!...

REYNOLDS, à Alcée.

C^est affreux ce que tu penses là I Moi qui te fais épouser ma sœur; moi , qui ai tant d'amitié, tant de dévouement..

ALCÉE, de même.

Et tant de dettes que ce mariage doit payer.

REYNOLDS

Quelle imposture! Tu pourrais supposer que cette union désirée par moL*.

ALGÉBf de même.

L'est encore plus par Muhldorf , le tailleur ; "Warbeck, le carrossier; et surtout Fritman,

le traiteur. (Riant , en regardant le lorgnon.) G'eSt dé-

licieux... impayable...

REYNOLDS , avec dignité et aUant à lai.

Alcée , je ne te reconnais plus. Je te croyais bon enfant, je te croyais mon ami...

ALCÉE, riant.

Et je le suis toujours, ça n'y fait rien... (Riant.) Mais c'est égal , c'est amusant , et je suis bien aise de savoir... (a Reynolds.) Rassurc-toi, je payerai tout ce que tu voudras, je te pardonne, et pourvu que j'obtienne la main d'Alix, et surtout son amour...

ALIX

Ah ! pouvez-vous en douter? s'il est quelqu'un au monde que j'aime , vous savez bien que c'est..

ALCÉE , qui a pris son lorgnon et qoi regarde.

Christian!... Qu'ai-je vu?

ALIX

Qu'avez-vous donc? perdez-vous la raison?

ALCÉE , tremblant de colère et regardant toujours.

Oui... ce n'est pas moi... C'est Christian que vous aimez...

ALIX, riant.

Quelle folie!... venez ici. Monsieur, et surtout ne me regardez pas ainsi en me lorgnant sans cesse, ce qui est du plus mauvais genre...

Voyons. (AUant à lui et le regardant avec tendresse.) Ai-

je donc l'air si indifférent pour vous? ai-je l'aur de vous tromper?...

ALCÉE

Oh ! non, pas ainsi , et toutes mes illusions reviennent, tout mon bonheur renaît Répétez-moi, Alix, que je m'abusais, que vous n'aimez pas Christian...

ALIX

Réfléchissez donc un instant!... Si je l'aimais. Monsieur, qui m'empêcherait de le prendre pour mari ?... Pourquoi ne pas l'épouser, je vous le demande... pourquoi?

ALCÉE , qui, pendant ce temps, a repris tout doucement son lorgnon et qui Ta porté à ses yeux.

Parce qu'il n'a pas de fortune, ni vous non plus...

ALIX

Quelle horreur !

Lui-même vous a décidée à ce mariage , et vous ne m'épousez que pour vous conserver à luL.» pour le retrouver un jour.

ALIX

C'en est trop...

ALGÉB*

Mais je déjouerai vos calculs , et ceux de votre frère. Tout est rompu entre nous I.., plus de ma^ rlage ! plus d'amitié l.,.

ALIX

Monsieur.., un tel outrage à nous, à notre famiUe!

REYNOLDS , piMant à U gioche d*Alc«e.

Vous m'en rendrez raison...

ALCÊE.

Quand tuvoudras... aujourd'hui même.,.

Air : Qu'il tienne ta promette (du Serment).

ALCÉE

Plos d'ami , de maîtresse !

Ils osaient me trahir!

Et ma main vengeresse Saura bien les punir.

LE COMTE

Qu'un frère, une maîtresse.

Viennent à nous trahir; Se fâcher, c'est faiblesse:

Il faut s'en divertir.

REYNOLDS

Plus d^ymen, de tendresse I Il osait nous trahir!

Et ma main vengeresse Saura bien le punir.

ALIX

Plus d'hymen , de tendresse !

U ose me trahir !

D'une indigne faiblesse Cest A moi de rougir.

REYNOLDS 9 b« à Aloée.

Dans une heure, en ces lieux , au pistolet.

ALCÉfi.

Cest dit.

REYNOLDS , à AUt.

Viens, quittons un ingrat, un ami faux et traître.

ALCÉE, lis m'accusent encor !

LE COMTE 9 I demi-voix , I Alcéo.

Je te l'avais prédit.

Vois, grâce à ce secret que tu voulus connaître. Que de maux, d'ennemis, te surviennent soudain !

Tant mieux, guerre aux méchants!

LE COMTE

Cest guerre au genre bomain.

REPRISE DE L'EKSEMBLB.

ALCÉE

Plus d'ami, de maîtresse.

Etc., etc.

REYNOLDS

Plus d'hymen, de tendresse, Etc., etc.

ALIX

Plus d'hymen , de tendresse.

Etc., etc.

LE COMTE, Qu'un frère , une maîtresse , Etc., etc.

( BeynoUf et Alix lorlent par le fond. Le comte rentre daoi le pavillon*

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