‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 676 sur 756 · VAS8AN · texte numérisé non relu

VAS8AN

Et moi aussi...

Mais c'est le signalement que vous ave« mis en morceaux! Impossible maintenant d'arrêter la reine I

SALVOISY, tfec chaleur.

L'arrêter! (coorant à BourcUUai ) Savez-Vous que je m'y oppose » que je la défends , que je lui iuiff dévoué , et qu'à tout prix je la sauverai ?

BOURDILLAT.

Eh bien ! ottl , oui , mon ami ! oui , vous la sauverez. (Bas à vaiwm.) Il feut dire comme lui pour empêcher un accès, (a sairoiay.) Nous la sauverons, nous la sauverons tous, n'est-il pas vrai? (Entre ses denu. à la reine et i VâMan.) En attendant, l'ofdre est donné sur toute la route ; et si elle n'a pas un passe-portsigné par les autorités...

LA BEINB, avec effroi.

tJnpasse^port!

LOUISE , remai'quant le trouble de la reine.

Elle n'en a pas!

SALVOtSÏ, 4 Bourdîlial, après un silence.

Un passe-port ; qu'est-ce que c'est que cela ?

BOtHDILLAT.

Je vais vous en montrer. (En tirant un de .a po-

che.) Tenez, tenez, mon bon ami; ce sotil des papiers imprimés , sans lesquels on ne peut , grâce au ciel , ni voyager dans le pays ni passer la frontière. Tout le monde en a.

SALVOISY.

Pourquoi , alors , n'en ai-je pas ?

B0UB9ILLAT.

Puisque vous restez Ici...

SALVOISY.

Et si je veux sortir, si je veux voyager.

BOUBDILLAT.

Une autre idée , à présenu

SALVOISY.

Et je veux voyager, à l'instant même, ou seul, ou avec vous j non , avec Louise, je l'aime Dueux.

BWâDILLAT.

Et moi aussi.

SALVOISY, le prenant par la lÉain et le laisant amoir « le iiiutenil de?adt la table.

Là , là , mettez-vous là , et faites-moi mi pmm-

pOrt (montrant Louise qui est près de la table) pOOreOe

et pour moL

BOUBDILLAT,

Mais, mon cher, ci-devant Monsieur le ticomte...

SALVOISY, arec foreor.

ie Vous ^ordonne, morbleu! ou sinon...

LOUISE

Ah ! mon Dieu ! c'est plus fort que jamais; le voilà furieux à présent

BOUBDILLAT.

Ne vous fâchez pas, je vais vous récrire, (i Louise.) Et si, grâce à ce passe-port, il veut passer dans sa chambre, un bon tour de def, et qu'il ne sorte pas de la journée... (pendant ce tonp». sû^

Va ouvrir la porte du fond. BourdUlat écrit et répète cb

écrivant.) Laisscz librement circuler, etc., etc., monsieur de Salvoisy, etc. , etc. , et madeauselle Louise Durand, native de cette commune, etc. , etc. (a saivoi^.) Quant au stgoalement, vous n'y tenez pas...

SALVOISY.

J'y tiens.

BOUBDILLAT.

A la bonne heure ! ce ne sera pas long. Louise

Durand. (Begardant Louise qui est devant lui.) YCOI

bleus...

SALVOISY.

Non, noirs.

BOUBDILLAT.

Bleus.

SALVOISY.

Noirs.

BOUBDILLAT.

Gomment ! noirs ? la voilà , regardez plutôt

Je veux qu'elle ait les yeux noirs.

BOUBDILLAT.

Je veux, je veux..4 Mon cher ami, vous ne pouvez pas faire que ce qui est bleu soit onr.

SALVOISY.

Quand je vous dis que je le veux.... (Begaidam la reine. ) G'cst commo ccla quc je la vois.

LOUISE

Ah ! mon Dieu ! ne le contrariez pas , la couleur n'y fait rien.

BOUBDILLAT.

Au fait, ça m'est bien égal (Écrivant.} Yeoi

nOÛ^t (regardant Louise) SOUrcUs ChâtaittS. SALVOISY.

Noirs.

SALVOISY.

ÉOOBDtLLAT.

C'esl Juste» noirs: quant à voub... (EHaAmt saivo&f .) VîMge long, cheveux bruns*

Du tout, je n'en veux pas» (ni««aantfMMB.) Mez court, visage rond , cheveux Uancs.

BOURDILLAT, impatienté.

Chef eux blancs , c*est trop fort

SALVOISY»

Est-ce que je ne suis pas le maître d*étr6 conune je venx ; je suis le seigneur du pays.

BOURDILLAT, le levant* CeSt-à-dire vous Tétiez. (Salvoisy lorieax la saint à

la gorge. ) Non , noo , VOUS l'étcs encore... tout ce qu'il vous plaira... Si celui-là n^est pas fou... U a aujourd'hui dix degrés de plus, (il finit d'écrire le

paise-port. ) Voilà qul CSt bien en ordre. ( Le remets tant à SalToity. ) VOUS pOUVeZ partir. ( A Louiae. ) Hâ-

tez-vous de renfermer ; moi , je cours au district prévenir mes collègues du signalement qu'il a déchiré, (en lortant) et réparer, s'U se peut, la sottise que je lui ai laissé faire.

(Uaort par le (bnd} Louise tort avec lui. )

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