‹ Œuvres complètes de M. Eugène ScribeChapitre 700 sur 756 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

RONNIVET , CLOTILDE.

il près d*une petite uble ft droite, et déjetuieat. Un garçon les sert. )

BONNIVET

Décidément, ma chère amie, je sois enchanté du détour que nous avons fait pour visiter Rouen, que tu ne connaissais pas... Ces nouveaux hôtels sur les quais sont d*un luxe tout parisien... des salles décorées avec élégance, une vue magnifique... et un excellent déjeuner, parbleu! (u

boit, et en posant sa tasse, il s*aperçoit que Clotilde est distraite et ne touche pas à la sienne. ) A qUOi pCUSeS-tU

donc?

CLOTILDE , revenant à elle.

Moi ?... à rien. .. Dites-moi , mon ami , à quelle heure partirons-nous demain matin?

BONMVBT.

rai commandé les chevaux pour huit heures... ainsi, nous avons une nuit complète pour nous reposer.». Mais ça ne m*explique pas pourquoi tu es distraite et rêveuse... Qu*est-ce que c'est?... Qu'as-tu donc?...

CLOTILDE

Mais je n*ai rien.

BONNIVET

Si fait. .• Gela t*a pris deux 00 trois jours avant

notre départ de Rodogne... car auparavant ta étais d'une gaieté fort satisfaisante.

Air de Voltaire chez Ninon.

Ta me semblais chaque matin Aimable , contente et joyeuse : Quel accident ou quel chagrin Te rend ainsi triste et rêveuse.* Parle , d'où vient cet ennui-IA?

Époux et femme, chère amie , Ne font qu'un seul.

CLOTILDE

C'est pour cela :

( A demi-voix. ) Quand je suis seule, je m'ennuie.

(Hase lèvent.) BONNIVET.

Je fois cependant tout ce que je peux pour te distraire... Tous les étés, nn voyage de plaisir ou de santé, ce qui revient au même... Cette année, aux bains de merde Boulogne... L'année précédente , en Italie... U y a deux ans , aux eau de Bagnères...

CLOTILDE , vivement.

Arrêtez I... Mon ami, je tous en conjure, ne me parlez jamais des eaux de Bagnères.

BONNIVET

C'est juste, et je t'en demande pardon... Ce souvenir-là m'est aussi pénible qu'à toi... Ce pauvre jeune homme , avec qui j'herborisais dans les montagnes, et que j'avais pris en amitié...

FBKRARP

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ÊTRE AIMÉ OU MOURIR

CLOTILDE

Finir d'une manière au^si déplorable U,*

Aussi absurde I... Aller se tuer !,., et sans dire pourquoi encore !

CtOTiLDE.

On m'a assuré, a moi, que c'était par amour,

BOrïNlVET,

Quelle béUsp !

CLOTILDE

Hein?...

BOÎfNïtET,

Je dis: Quelle bêtise l i

CLOTÎLBI,

Ahî c*e.st que vous ne pouvez comprendre un pareil dévouement,,. Vous ne scrîeï pas capable de mourir pour une femme ?

BO-S^JIVET.

Jamais l

CLOTILDB.

Pas même pour la vôtre ?,.,

J'en serais bien fâcbtf,,. et elle ansgi , je Tes* père... Car il y a un raisonnement bien simple que devraient faire tous ces rerveaust brûlés,,* Ou celle que î'alme sera désolée de ma mort , ei J€ suis trop galant bomate puur lui causer un paieil chagrin : ou mon trép^nï lui sera tudilTérent i et alors je serais bien dupe de lui donner ce plai^ sir-là.

CLOTILDE

Est-ce qu'on raisonne quand on aime?

BOMMVET.

Certainement.,. > C'est parce que j'aime ma femme et mes enfants, que je me dis : ^ Je leur » serai plus utile en vivant et en travaillant pour » eux... « Aussi I sois fi^ancbe, qu'est-ce qui te manque?.., Y a-t-iï dans Paria une femme de notaire plus heureuse que toi ?,,, La ekf de ma caisse n'^eslelle pas à tàdls^position?!.! Maison de campagne t'ét^ , quatre bals dans Thiver , et un quart de loge a l'Op^^T'^.., secondes de côté,

CLOTiLUB.

Je nedtspasnon<.«

nOSNiVBT-

Et s'il to faut quelqu'un pour t'obéir les jours de caprice , ou pour te plaindre les jourî? de migraine*., est-ce que je ne suis pas là ^«, Kst-ce que je ne te êim pas nére^ssaire?»*, J*en suis persuadé , et si tu devenaî*? veuve , ma pauvre femme, j'en serais désolé pour toi... encore plus que pour moi,

clotii.be.

Oui» sans doute , vous êtes un bon marL..

BOSMVET,

Je m'en vante, et un mari qui aime â vivre...

Ansisi, ne parlons pins de tout cela i et pour dissiper les idées noires» viens dooc respirer Tair frais de la rivière.

(il ^utre la feaéireHpitafe mr le bokou* )

SCÈNB II.

BÛNNIVËT t fof i€ héma i CLOTILDE , FERNAND,

CLOTtLBE, tperteTUii W&rPUi^ qui ptrâtl iu food t UDe kltr« i II raiïti.

0 ciel 1,..

FEnifÀïtl), à voit hmtt

Cbutl.,.

(il lui montra de hm li kttrs» en U lupplbDtdit gaite de Il recfVQJr.)

CLOriLDE.

Encore lui!..»

Hein? (FemAtid i di^ptru Uitttmciii.ï Est-cË que tu me parles?

Moi ?.. , je te demandais si lu ne voyais rîan de nouveau.

BON?ilV£T, iqujdtiri AU balenti.

Mon Dieu, non,,. Eh! si vraiment « voilà une charmante calèche qui vient par la route de Paris, et qui s'arrête devant rhôtel,, une dame en descend.., fort jolie tournure, (n pttiod toa lorgaoaj Ohl que je vais l'élonnerî... Sais-tu quelle csi celte dame?,,. Devine,

CLOTILDE

Je la connais?

BONNIVET

Je croîs bien, une compagne de penslonM, Nous qui tout à Theure parlions de veuve..,

CLUTtLllE,

Hortense!..,

BOXNIVET.

Juste.... ta chère Uortense, madame de Varennes,

CLOTILDH,

Il serait vrai!.... Moi qui Tavals laissée à Paris... Ou'est-ce qui Famène donc à Rouen, et toute seule? C'est bien éionnant,

BONMIVET,

Et bien déâa|rr<?ablp». car elle a ï'aîr d'éU'e fort embarrassée au milieu des postillons, des paquets et des rommissioiinaires,,. Je suis trop galant pour ne pas voler à son secours. «,

CLOTILDË, pfrri)^.

Comment I vous iortex?... £li bieni,,, et

BONStVET.

H'as-lu pas peur?.,. Je cours et Je te ramène.

(liiôrUuc^riitritit)

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