SCÈNE II
MASHAM, LA DUCHESSE.
Bi ASHAM.
C'est la redoutable duchesse, dont Abigaîl m*a tant recommandé de me défier... J'ignore pourquoi ...N'importe... ayons-en toujours peur.. .de
confiance ! (nu salue respectueusement. ) LA DUCHESSE.
N'est-ce pas monsieur Masham, le dernier officier aux gardes nommé par le duc de Marlborough?
MASHAM.
Oui, Milady. (a part.) Ah! mon Dieul elle va me faire destituer.
LA DUCHESSE
Quels titres aviez-vous à cette nomination ?
MASHAM.
Fort peu , si l'on considère mon mérite ; autant que qui que ce soit , si l'on compte le zèle et le courage.
LA DUCHESSE
C'est bien !... j'aime cette réponse, et je vois que mylord a en raison de vous nommer...
MASHAM.
Je voudrais seulement qu'à cette faveur il en ajoutât une autre?
LA DUCHESSE
Il vous l'accordera ; parlez.
MESHAM.
Est-il possible?
LA DUCHESSE
Quelle est cette faveur?
MASHAM.
C'est de m'oflrir l'occasion de justifier son choix en m'appelant près de lui sous nos drapeaux.
LA DUCHESSE
Il le fera... croyez-en ma parole...
MASHAM.
Ahl Madame... tant déboutés!... vous qu'on m'avait représentée... comme une ennemie...
LA DUCHESSE
Eh! qui donc!
MASHAM.
Des personnes qui ne vousconnaissaient pas, et qui désormais partageront pour vous mon dévouement.
LA DUCHESSE
Ce dévouement, puis-je ycompter.». pois-jele réclamer?
MASHAM.
Daignez me donner vos ordres.
LA DUCHESSE, le regardant avec bienveillance.
C'est bien ! ^f asham , je suis contente de tous.
( Lui faisant signe d'avancer.) ApprOCheZ, HA8HAM, à part.
Quels regards pleins de bonté ! je n'en reviens pas.
LA DUCHESSE
Vous m'écoutez, n'est-ce pas?
HASHAM,
Oui, Milady. (a part.) Que peut-elle me vouloir?
LA DUCHESSE
n s'agit d'une mission importante dont la reine m'a chargée, et pour laquelle j'ai jeté les yeux sur vous. Vous viendrez me rendre compte chaque jour du résultat de vos démarches , vous entendre avec moi et prendre mes ordres pour arriver à la découverte du coupable.
MASHAlf.
Un coupable?
LA DUCHESSE
Oui , un crime audacieux et qui ne mérite point de grâce , a été commis dans le palais même de Saint-James. Un membre de l'opposition , que du reste j'estimais fort peu, Richard Bolingbroke...
HASHAM, à part.
O ciel !
LA DUCHESSE
A été assassiné t
MASHAM, avec indignation.
Non, Madame, il a été tué loyalement et l'épée à la main , par un gentilhomme insulté dans son honneur I
LA DUCHESSE
Eh bien f si vous connaissez son meurtrier... il faut nous le livrer, vous me l'avez promis, et nous avons juré de le poursuivre.
HASHAnf.
Ne poursuivez personne. Madame, car c^est moi!...
LA DUCHESSE
Vous, Masbam!
HASHAM.
Moi-même.
LA DUCHESSE, vivement, et lui mettant U main aor la bouche.
Taisez-vous!... taisez-vous!... que tout le monde l'ignore! Quelles clameurs ne s'élèveraient pas contre vous, attaché à la cour et à la maison de la reine!... (Vivemenu) Il n'y a rien à vous reprocher... rien, j'en suis sQre... Tout s'est passé loyalement... vous me l'avez dit; etqui TOUS voit, Masham, ne peut en douter... Mais la haine de nos ennemis et votre nomination d'officier aux gardes le jour même de ce combat... dont elle semble la récompense...
HASHAH.
C'est vrai!
LA DUCHESSE
Nous ne pourrions plus vous défendre.
HASHAH.
Est-0 possible!... un pareil intérêt !.••
LA DUCHESSE
Il n'y a qu'un moyen de vous sauTer... Ce que vous déshîez tout à l'heure si ardemmoil : fl fnt partir pour l'armée.
HASHAM.
Ah ! que je vous remerde !
LA DUCHESSE, arec émotion.
Pour peu de jours, Masham... le temps qae cette affaire s'apaise et s'oublie... Voœ partirez dès demain, et je vous donnerai iK>iir le imtécbal des dépêches que vous viendrez j^eodre cki moi.
HASHAH.
A quelle heure?
LA DUCHESSE
Après le cercle de lardne... ce soir!... Et ik peur qu'on ne soupçonne votre départ, proKi garde que personne ne vous voie!
HASHAH.
Je vous le jure ! Mais je ne pois en revenir encore... vous que je craignais... vous qne je redoutais... Ah ! dans ma reconnaissance... je dois vous ouvrir mon âme tout entité...
LA DUCHESSE
Ce soir vous me direz cela... Dn silence ! m vient.