SCÈNE PREMIÈRE
LOUISE , en négligé do matin , assise auprès de U toilette, et la tel» appojée sor sa main; SALSBAGH, entr*ou*
Pent-iMi entrer chez la mariée? (Louise ne ren-
tend pas; il entre, et. Tenant auprès d*elle, il répète en-
«le s) Peut-on attrerchei la mariée?
LOUISE, se lerant.
Ahl c^estToos, monsieur Salsbach.
SALSBACH.
Pardon de me présenter ainsi. Vous n*avez para ni au déjeuner, ni au dîner; et fêtais impatient de savoir des nouvelles de madame la baronne, car vous voilà baronne maintenant: et la chère tante a beau dire, c'est un titre assez agréable.
LOUISE
Que Ton ne me donnera plus dès ce soir, je Tespère.
SALSBACH.
Pourquoi donc? c'est indélébile, impérissable; quand on a été baronne, ne fût-ce qu*un quart d'heure, il n'y a plus de raison pour que ça finisse.
LOUISE
Peu m'Importe, je n'y tiens pas, pourvu que la séparation soit prononcée aujourd'hui même.
SALSBACH, à part.
Nous y voilà.
Air d'une Beure de mariage, A se repprocber tons les deux Comment pourrai-Je les contraindre ?
LOUISE, rofaaerrant.
Mais TOUS paraissez soucieux.
Avons-nous quelque obstacle à craindre ?
SALSBACH.
(A part.) Non , non , Madame, aucun encor!
(Hant.) Vous êtes, sans qu'on tous y force.
Tous deux parfaitement d'accord.
Cest ce qu'il faut pour un divorce.
Vous ne l'avez pas vu depuis hier soir?
LOUISE
Non, sans doute.
SALSBACH, à part.
Ni moi non plus. (Haut.) Je viens de le ren« contrer tout à l'heure ; il paraît qu'il voudrait vous parler.
LOUISE. e£Brayée.
A moi!
SALSBACH.
Oui ; il m'a chargé de vous demander un moment d'entretien, (a part.) H se pendrait plutôt que d'y songer.
LOUISE
Que me dites-vous là? Ahl mon Dieu 1 cette idée me rend toute tremblante.
SALSBACH.
Eh bien I eh bien ! pourquoi donc? est-ce que je ne suis pas là? Certainement, je ne vous conseillerai jamais d'aimer votre mari, le ciel m'en préserve! mais cela n'empêche pas de l'écouter ; si ce n'est pas pour tous , c'est peut-être pour
OEUVRES œMPLËTES DE SCRIBE.
(Taatres, pour le monde, pour Hionnear de la famille.
LOUISE , avec calme et résolation.
Monsienr Salsbach, Je n'ai pas votre expérience ; je connais pea ce monde dont vous me parlez, etqni m'a punie autrefois de la faute d'un autre* On m'a dit que , pour le satisfaire, il fallait nn mariage, une réparation; et quoique j'eusse de la peine à comprendre qu'il fût au pouvoir de quelqu'un que je n'estime pas de me rendre Tlionneur, quand c'était lui qui s'était déshonoré , j'ai obéi , j'ai consenti à ce mariage , à condition qu'il serait rompu sur-le-champ; et maintenant, c'est moi qui crois de ma dignité , de mon honneur, de réclamer cette séparation. Ma tante m'a fait demander pour ce sujet Monsieur Salsbach , souffrez que Je passe chez elle.
IKUe aalooet tort.)