SCÈNE XL
LOUISE , seule; elle va fermer la porte, et pouae le verrou.
Fermons cette porte. Je suis toute tremblante. (Elle s*at«ied.) En Vérité, tant d'audace commence à me faire peur. Et ce monsieur de Malzen ! mais qu'est-ce qu'il a? qu*est-ce qui lui prend mainte-
OEUVRES COMPLÈTES DE SCaUBE.
nant ? un caprice » Tesprit de contradiction. Grâce au del, tout est fini, et nous en voilà dél>arrassées. (eii« le lève.) 11 faat tâcher surtout que ma tante ne se doute point de cette dernière extravagance. (Regardant à terre.) Et ies morceaux de cette lettre que i*on pourrait trouver ! ( Elle lea
ramans et lea regarde.) Quatre pageS I MOUSieur
Salsbach a dit vrai , les voilà. Gomment mVt-il écrit quatre pages?... qu'est-ce qu'il a pu me dire ? à moi ! ( eii« ut. ) « Louise... » C'est sans façon! comment! m'appeler Louise tout uniment!
(Lùantayec émoUon. ) « LOUiSC , VOUS dCVezme haïr,
» et je ne puis vous dire à quel point je me dé- » teste moi - même ! Avoir méconnu tant de I» charmes, tant de vertus ! Ma vie entière suf- » fira-t-elle pour expier mes injustices? » (s'in-
terrompaot.) Oh! nOU , SaUS dOUte. (Lisant.) «J'ai
» vu notre enfant. Avec quelle émotion , quel » bonheur, J'ai retrouvé dans ses jeunes traits
» ceux d'un coupable ! » ( Avec on air de tatisCMtion. )
C'est vrai, il lui ressemble, (siie m.) « Les miens » finiront , j'espère , par vous paraître moins » odieux, en regardant souvent votre fils. Je ne » puis exprimer ce que j'éprouve depuis une » heure; j'ai mille choses à vous dire, il faut » absolument que je vous parle. Je sais qu'il y va » de ma vie, mais je brave tout; et dussé-je périr
tt sous vos yeux... » (Oo entend un coup de roatl dans
le jardin.) Qu'cuteuds-je ! Ah! le malheureux!
il aura été aperçu ! ( EUe court à U fenêtre à gauche , Tourre précipitamment pour voir ce qoiiepaiie, et aperçoit Malien aur le balcon. )