‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 2)Chapitre 28 sur 175 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

SIR GEORGES, SIR ARNOLD, LADY JOSÉ- PHINE, cachée.

SIR GEORGES, haut , faisant semblant de lire.

Ce sage a bien raison.

SIR ARNOLD

Le bel exemple à suivre !

Toujours un livre en main! quel garçon studieux!

SIR GEORGES, se levant.

Sir Arnold!

SIR ARNOLD

C'est, je gage, un écrit merveilleux Pour former les esprits, pour éclairer les âmes. Voyons : « Nouvel essai sur la vertu des femmes. »

SIR GEORGES

J'étais fort occupé de cet essai nouveau.

SIR ARNOLD

J^a morale est ton fort.

SIR GEORGES

c'est que rien n'est si beau.

SIR ARNOLD

Pardon, je suis fâché de venir te surprendre.

SIR GEORGES

A dire vrai, j'étais fort loin de rous attendre; Mais, puisque vous voilà, je ne suis plus pressé; Quitte à finir demain ce que j'ai commencé.

SIR ARNOLD

Sans doute. Dans les riens chacun se fait connaître. Par le seul paravent on peut juger du maître; Et je suis enchanté de tout ce que j'y vois.

SIR GEORGES

Des cartes valent mieux que des magots chinois.

SIR ARNOLD

Ce paravent contient des choses merveilleuses.

SIR GEORGES

Des découvertes même, et des plus curieuses. Laissons cela. Pourquoi vous rendez-vous ici?

SIR ARNOLD

Pour épancher mon cœur dans le sein d'un ami.

SIR GEORGES

Asseyons-nous, mon cher.

SIR ARNOLD

Bien volontiers. Ma femme Me cause du tourment; je l'aime au fond de l'âme: Malgré tous mes chagrins, je désire très-fort D'être bien avec elle, et d'assurer son sort.

SIR GEORGES

C'est bien vu.

SIR ARNOLD

Tu m'as dit qu'elle était arrogante.

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