ACTE III, SCENE IV
\UBERTIN.
Et pourquoi donc ?
Je suis, pour affaires pressantes, Mandé chez un ministre à six heures sonnantes.
AUBERTIN
Il en est cinq au plus. Ne perdons point de tems. Vous avez un dépôt de deux cent mille francs Du hien de feu Gourville.
BRU LARD
Eh! pure calomnie.
Cherchez; rappelez- vous un dépôt...
BRULARD
Je le nie.
AUBERTIN
Le nier, c'est fort mal ; mais vous l'avez pourtant.
BRULARD
Vous pouviez m'épargner ce propos insultant.
AUBERTIN
Rendez; je vous promets beaucoup de politesse.
Ayons en actions plus de délicatesse,
Et moins dans les discours. Le dépôt est certain.
BRULARD
Mais, qui donc êtes-vous?
AUBERTIN
Jean-Christophe Aubertin.
"univers »7aJ"
loo NINON.
BRU LARD
Oli! j'y suis. Aubertin, notaire de Gourville.
AUBERTIN
Vous ne vous trompez pas.
Fort connu dans la ville.
AUBERTIN
Je m'en flatte.
BRULARD
Et suspect pour ses opinions; Aimant fort peu la bulle.
AUBERTIN
Encor moins les fripons.
BRULARD
Respectez mon état.
AUBERTIN
Respectez-le vous-même.
BRULARD
Vous m'outragez, monsieur. Quelle insolence extrême! Un grand pénitencier! un serviteur de Dieu! Prêchant devant le roi!
AUBERTIJV.
Prêchez vous donc un peu.
BRULARD
Vous êtes janséniste.
AUBERTIN
Eh! non; je suis notaire; Véridique de plus, et bon dépositaire.