‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 2)Chapitre 96 sur 175 · I. Nivelle de La Chaussée · texte numérisé non relu

I. Nivelle de La Chaussée

CHANT PREMIER. l'in

Suivez-le pas à pas: c'est suivre la nature;

C'est des succès constans la route la plus sûre.

Bien avant lui, Ménandre et ses imitateurs

Des vieillards, des amans, ont su peindre les mœurs;

Chez eux, près de Chrêmes, Dave, en ruses fertile.

Conduit avec adresse une intrigue subtile ^

Dussé-je de leur gloire obscurcir les rayons,

Des traits plus importans invitaient leurs crayons :

Ils sont vrais, j'y consens; mais leurs toiles vivantes

Ne nous ont point transmis des peintures savantes;

Le vice n'a jamais redouté leur effort:

Molière plus hardi, plus varié, plus fort.

Heureux vainqueur du vice et de la muse antique,

Seul exempt de rivaux, tient le sceptre comique.

D'autres , loin de son trône , assis aux seconds rangs , Nous plaisent à l'envi par des traits différens. Nous aimons dans Regnard un charmant badinage; Dufresni, son rival, eut l'esprit en partage; Gresset fut de nos jours plus gracieux, plus fin; Destouches plus profond. Le Sage plus malin; Piron avec plus d'art peignit le métromane; Palissot eut pour lui le sel d'Aristophane; Aux applaudissemens tous ont acquis des droits; Chacun d'eux tour à tour appelle notre choix.

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