‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 143 sur 342 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

BRUTUS, CASSIUS, PORCIUS-C AÏON, MESSALA, STATILIUS, romaijns.

BRUTUS

Fils de Caton , Albin , Statilius , Labéon, Messala, Straton, Lucilius, Vous, à qui la patrie, à qui les lois sont chères. Vous de qui la vertu, digne encor de nos pères, Ranime de l'Etat les débris expirans; Nos yeux viennent de voir un ami des tyrans. Agrippa s'est flatté de parler à des traîtres : On nous laissait le choix de ramper sous trois maîtres-, Ou d'oser avec eux partager l'Univers :

23o BRUTUS ET GASSIUS.

Nous avons rejeté la puissance et les fers. Vousnenousblâmezpoint?

Nous voulons tous vous suivre :

Nous voulons comme vous agir, penser et vivre.

CAS s lus.

Ainsi, l'Etat changé, vous n'attendez plus rien?

STATILIUS

Je t'en fais le serment.

PORC I US

Nous le jurons.

Eh bien, Conservez dans vos cœurs ces sermens respectables, Et marchons. Les tyrans ne sont plus redoutables. Les craintes sont pour eux, pour eux tout le danger: La gloire est pour nous seuls.

STATILIUS

Et qui pourrait songer A survivre un moment aux ruines publiques , A servir, à ramper sous des lois tyranniques?

Ah! tout doit imiter l'exemple de Brutus.

STATILIUS

Sans doute : et, de nos chefs si j'aime les vertus, Si je veux, si je dois respecter leur prudence. Je ne suis qu'un soldat, j'espère en ma vaillance: Il faut vaincre ou mourir; c'est la loi des grands cœurs;

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