‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 159 sur 342 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Et leurs cris nienaçans , par Tibère entendus ,

Vont lui porter ces mots : «Rends-nous Germanicus! »

Moi-même à ses regrets que ne puis-je le rendre! Tes vœux n'ont rien, Cnéius, qui doive me surprendre; Si, même en t'admirant, j'éprouve un peu d'effroi, C'est de me voir contraint de rougir devant toi.

CNÉIUS

Qui ? vous !

PI s ON.

Moi. Dût un jour la liberté renaître, Je n'en jouirai plus; j'ai fléchi sous un maître; A vivre en le servant je me suis condamné. Soumis au bras d'airain qui me tient enchaîné. Mais tu dois ranimer la splendeur de ta race : O toi , dont les vertus consolent ma disgrâce , Exemple des Romains , modèle des bons fils , Seul appui, seul honneur de mes cheveux blanchis, Fuis toujours le tyran ! tu vivras sans reproche. On ouvre, et les licteurs annoncent son approche: Va trouver mes amis , autrefois si nombreux ; Va, recommande un père à leurs soins généreux: Ik ont de mon crédit éprouvé l'influence; A leur tour maintenant qu'ils prennent ma défense. Si, bravant toutefois les destins irrités, T^ur amitié survit à mes prospérités,

CNÉIUS

J'y vole, et j'ose encore espérer quelque zèle;

2j6 TIBERE.

Mais votre fils au moins vous restera fidèle.

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