‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 237 sur 342 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

Ciel!

ŒDIPE

Approche. Quels traits! Où donc les ai-je vus?

PHORBAS

A Daulis.

A Daulis!

PHORBAS

Où je suivais Laïus.

OE D I p E.

Tu fus blessé?

PHORBAS

Par vous.

OE D I p E.

Je suis donc l'homicide !

Mes heureux compagnons sont morts dans la Phocide. Pour un affreux destin j'ai conservé le jour.

POLICLÈS, regardant Phorbas.

Est-ce lui?

OE D I p E.

Lorsqu'après tu revis ce séjour, Tu dis que des brigands avaient frappé ton maître?

PHORBAS

J'ai commis cette faute : il le fallait peut-être.

ŒDIPE

Pourquoi ?

PHOR BAS.

Je vous ai vu ; jugez de mon effroi : Vous possédiez le trône et l'épouse du roi; Thèbes vous entourait de sa reconnaissance. Comment parler? j'ai fui loin de votre puissance; Sous un rustique toit mes jours étaient cachés : J'y gardais mon secret, et vous me l'arrachez!

C'en est fait!

POLICLÈS.

C'est lui-même. Il est glacé par l'âge; Ses cheveux sont blanchis : mais plus je l'envisage...

OE D I p E.

Phorbas vous est connu ?

PHOR BAS.

Que veut cet étranger?

POLICLÈS.

C'est lui, roi des Thébains, c'est ce même berger...

OE D I p E.

Est-il vrai ?

POLICLÈS.

Qui jadis me remit votre enfance. Il peut de vos parens vous donner connaissance.

PHORBAS

Moi! craignez d'écouter, éloignez l'imposteur.

POLICLÈS.

Des troupeaux de Laïus n'étiez-vous point pasteur?

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