‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 258 sur 342 · OEDIPE, ANTIGONE, LE CHOEUR · texte numérisé non relu

OEDIPE, ANTIGONE, LE CHOEUR

ANTIGONE

Dans un autre univers Œdipe enfin respire. De la fatalité ne craignez plus l'empire, Mon père : d'un héros les vertueux secours Ont fléchi les destins, qui pesaient sur vos jours. Vous ne rencontrez pas l'avare bienveillance Qu'une plainte importune arrache à l'opulence, Ni ces honteux bienfaits qu'un tyran dédaigneux Accorde à la misère en détournant les yeux; Mais la tendre pitié, l'hospitalité sainte. L'amitié consolante et prévenant la plainte. L'espoir et le sommeil, l'oubli des longs chagrins, Un appui toujours sûr, des cieux toujours sereins.

O toi, qui prolongeais ma pénible existence, Qui me tins lieu de tout, qui fus ma providence, Tu ne seras donc plus mon unique soutien ! J'ai pu trouver un cœur aussi pur que le tien. Et vous , Dieux immortels , dont Thésée est l'image , En essuyant des pleurs il vous rend son hommage. Que ce roi , que son peuple à jamais vous soient chers: Des murs sacrés d'Athène écartez les revers.

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