‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 325 sur 342 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MONTFORT, ZOÉ

MONTFORT

Un frère ! ah î plus encor. Mais , Zoé , vous tremblez ! Zoé, ne fuyez point, calmez vos sens troublés.

ZOÉ

C'est vous!

MONTFORT

Moi.

ZOÉ

Vous! si tard!

MONTFORT

Ce reproche m'enchante.

Que ses regards sont doux ! que sa voix est touchante !

ZOÉ

Ces regards, cette voix vous ont cherché long-temps: ' Vous étiez occupé de soins plus importans; Et, même, à vous revoir je n'osais plus prétendre. Vous ne répondez pas?

MONTFORT

J'aime mieux vous entendre.

ZOÉ

Braver les feux! la mort! un chevalier chrétien Le peut... pour une juive... et quelquefois pour rien.

Brigite a répété... Quel était mon délire !

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ZOE.

Ce qu'elle a répété, vous avez pu le dire.

MONTFORT

Je suis vaincu , puni : c'est assez vous venger. Juste ciel ! à ce point j'osais vous affliger ! Je ne mérite pas le pardon que j'implore.

Ne vous grondez pas tant; c'est m'affliger encore.

M ONT FORT

Ah! votre ame est sensible autant que votre voix. Vous me pardonnez donc?

ZOÉ

Oui , puisque je vous vois.

Vous allez me trouver bien simple et bien naïve; Mais Brigite est chrétienne , elle est persuasive. D'après tous ses discours, je croyais bonnement, Et cette vision m'agitait en dormant...

Vous riez?

MONTFORT

Achevez.

ZOÉ

Que, durant l'incendie. Celui dont les secours m'avaient sauvé la vie... Etait... vous allez rire... était mon ange... à moi.

MONTFORT

A cet ange gardien vous n'avez plus de fol ,

Et votre ame, en dormant, n'en est plus agitée?

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