ACTE III, SCENE IV. 52i
Tant mieux.
' MONTFORT, s'approchant de dom Tremendo.
A VOS regards puis-je un instant paraître?
DOM TREMENDO.
La croix! le manteau blanc! tout jeune! ah! c'est peut-être.. Oui , c'est le Templier,
F. BONHOMME
C'est lui, mon révérend.
DOM TREMENDO.
Ecoutez , observez , voyez comme on s'y prend.
F. BONHOMME
Bon.
DOMTREMENDO,à Montfoi t.
Nous vous chérissons ; Saladin vous honore ; C'est le secret du ciel qui nous protège encore. De la cause de Dieu vous serez le soutien , La fleur des chevaliers, l'honneur du nom chrétien.
M ONT FORT
Je demande...
DOM TREMENDO.
Ah! voyons.
MONTFORT
Ce qui manque à mon âge :
Des conseils.
C'est parler en jeune homme bien sage ; Mais il faudra les suivre.
MOWTFORT.
Aussi tel est mon vœu.
En pensant avec vous, en raisonnant un peu...
DOM TREMENDO.
Penser est dangereux; raisonner, inutile;
Croire, c'est ce qu'il faut: croire est bien plus facile.
MONTFORT
Me commanderiez-vous de croire aveuglément?
DOM TREMENDO.
La raison quelquefois est bonne assurément. Employez la raison dans les choses vulgaires ; Mais, hors du temporel, dans toutes les affaires De Dieu, de son Eglise, elle est hors de saison.
F. BONHOMME
Que de gens sont damnés pour avoir eu raison!
DOM TREMENDO.
Ah! pas mal.
MONTFORT
Est-il vrai? c'est un malheur étrange.
DOM TREMENDO.
Rien n'est plus vrai. Si Dieu vous envoyait un ange ;
Et tout ministre saint, confesseur de la foi.
Est un ange ; si Dieu , qui vous adresse à moi ,
D'une grande action vous déclarait capable,
On ne vous verrait point, par un orgueil coupable,,
Opposer la raison à ce maître divin
Qui créa la raison dont vous êtes si vain.
Un jour sur ce point la nous reviendrons, j'espère.