‹ uvres complètes de M. J. Chénier, précédées de notices historiques (volume 3)Chapitre 45 sur 342 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

Un étranger, couvert d'un humble vêtement.

Veut , loin de tous les yeux , vous parler un moment.

Il vient de m'aborder, lentement, l'œil humide;

Il a quelque secret : l'infortune est timide.

Une longue tristesse et les rides du temps

Ont sillonné son front, couvert de cheveux blancs.

M AND ANE

Un vieillard!

ME M NON

Ses chagrins, qu'avec peine il dévore, Emeuvent la pitié, que son regard implore. J'ai voulu, mais en vain, pénétrer dans son cœur; C'est à vous qu'il prétend révéler sa douleur, \ vous seule; et déjà l'infortuné s'avance. Vous ne tromperez point sa douce confiance. Vous honorez le ciel ; et le bienfait pieux Est le plus pur encens qu'on puisse offrir aux Dieux. Je vous laisse.

( Il sort. )

Page 1